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Depuis le grand scandale électoral
du 28 Novembre 2010,
Haïti s'enfonce de plus en plus dans
la crise. Les autorités d'occupation,
maîtresses des hautes Oeuvres de destruction
de ce pays et leurs laquais
de l'Exécutif ainsi que du CEP, se
trouvent aujourd'hui dépassées
par les événements. De fl agrantes
contradictions et d'ambiguïtés
émaillent les déclarations d'hier
et d'aujourd'hui, au point que tout
observateur avisé pourrait se demander,
si l'on ne se trouve pas devant
d'une vaste comédie, taillée sur
mesure pour fagoter les Haïtiens.
Face à l'orage qui s'annonce,
le CEP d'exclusion de Gaillot Dorsinvil
et toute cette engrenaille de
mensonge jouent au jeu « du consensus
», pour empêcher que la machine
sociale ne se déraille. En effet,
le vendredi 3 Décembre, l'Institution
électorale a convoqué, à l'Hôtel Le
Vilatte une rencontre pédagogique
sur la scandaleuse journée du dimanche
28 Novembre 2010. Les
candidats à la présidence étaient invités
à participer ou à défaut leurs
représentants. Les observateurs de
la Mission OEA/Caricom étaient aussi
représentés à titre d'observateurs.
Cette rencontre s'est terminée
sur la corde raide entre le CEP, qui
refuse d'annuler l'imposture du 28
Novembre 2010 et les protagonistes
campés sur des positions contradictoires.
Le directeur général de
l'Institution, Pierre-Louis Opont, a
obstinément soutenu la thèse selon
laquelle les failles constatées au
cours de cette journée du dimanche,
ne peuvent invalider l'opération.
Pierre-Louis Opont a poursuivi son
plaidoyer, arguant qu'il y a eu participation
d'une écrasante majorité
de la population à ces joutes. Tandis
que Michel Martelly, par le biais
de son représentant l'avocat Me.
Gervais Charles, a exigé le respect
du verdict populaire. Le groupe des
12 diminué du tandem, Micky-
Manigat, pour sa part, a soutenu sa
position initiale : l'annulation pure
et simple de ces inacceptables élections.
Cette position a été soutenue
par Me. Camille Leblanc, avocat des
12 qui a combattu jusqu'au bout la
position du CEP, lui demandant de
corriger ces élections.
« On ne saurait corriger
l'inacceptable. Il faut une annulation
pure et simple », a lancé Me.
Camille Leblanc. Il est à signaler, à
part Jude Célestin, Yvon Neptune et
Anacacis Jean Hector, qu'aucun autre
candidat à la présidence n'était
présent à cette réunion organisée
par le Conseil Electoral Provisoire.
Au cours de cette joute oratoire, le
candidat de (INITE), Jude Célestin
et celui de (Modejah) Jean Hector
Anacacis, ont à eux deux demandé
à l'Institution électorale de sanctionner
les candidats qui, en violation
de l'article 122.2 de la loi électorale,
ont convoqué des manifestations de
rues auxquelles ils ont participé à.
Alors que d'après le candidat à la
présidence, Jean-Henry Céant, les
manifestations de rues ne violent
pas la loi électorale dans la mesure
où elles ne réclament pas la victoire.
« Nous voulons tout simplement
dénoncer la mascarade électorale
et réclamer l'annulation du scrutin
», a-t-il dit.
Le candidat de Rennen Ayiti a
eu à dire de Mme Manigat : « Mirlande
Manigat n'est pas une femme
de parole, c'est une véritable queue
de poule, qui n'a pas de position
fi xe.» Il a de même révélé que le
représentant du secrétaire général
de l'ONU, Edmond Mulet, était
d'accord dimanche avec les 12 qui
revendiquaient l'annulation des
élections, le renvoi du CEP et son
remplacement par une institution
crédible, apte à réaliser de bonnes
élections dans le pays. Jean-Henry
Céant a aussi déclaré que cette position
de l'ambassadeur a été exprimée
au cours d'une conversation
téléphonique avec l'adhésion de
l'ambassadeur d'Espagne, Juan Fernandez
Trigo. Le drame était le départ
de Préval, qui ne pouvait être
consenti par les véritables chefs de
ce pays. En effet, l'ambassadeur français,
Didier Le Bret, dit reconnaître
les irrégularités de ces élections, irrégularités
liées à l'incompétence,
provoquant des frustrations et des
suspicions. Déjà le Ministre des Affaires
étrangères françaises s'est dit
préoccuper par la violence et a appelé
au calme. Quant au départ de
Préval, il ne veut plus en entendre
parler évoquant la légitimité électorale
du président. « La demande
de départ anticipé de Préval lancée
lors des manifestations du jeudi à
Port-au-Prince, n'est pas acceptable,
s'agissant d'une autorité
élue. » Voilà, des raisons démocratiques
évoquées par les maîtres du
monde. Quand leurs intérêts sont
défendus, très bien défendus par un
gouvernement, nul ne peut et ne
doit toucher à aucun de ses cheveux,
mais quand ce gouvernement
regarde du côté des affamés, des
laissés pour compte, des exploités,
des damnés de la terre, alors c'est la
condamnation pour crime de haute
trahison, crime contre l'humanité.
C'est la litanie des « Seigneurs ». La
France ne peut et ne doit pas oublier
sa participation au coup d'Etat
du 29 février 2004, qui a enterré la
République d'Haïti. Depuis tantôt
six ans que ces impérialistes gouvernent
ce pays, ils l'ont conduit à
la catastrophe, pareille à celle causée
par le Repartimientos et la Traite
négrière. Aujourd'hui, le peuple haïtien,
à cause même des coups d'Etat à
répétition fomentés par les impérialistes,
débouchant sur la mise sous tutelle
du pays, pillé par l'intermédiaire
des structures néolibéralistes, vit
dans l'humiliation, la pauvreté sous
toutes ses formes et l'indignité absolue.
Le drame est que ce sont ces
fascistes, ces colonio-esclavagistes,
ces mercantilistes, ces néolibéralistes,
ces impérialistes qui dictent
aux peuples, particulièrement au
peuple haïtien la voie à suivre pour
aboutir à la liberté et au respect des
droits humains, bref à l'humanité
digne ! Comment expliquer après le
cuisant échec apporté par le coup
d'Etat/kidnapping du 29 février
2004 et la mise sous tutelle d'Haïti
par le triumvirat : Etats-Unis,
France, Canada, que leur dictature
continue, sans pitié à écraser Haïti ?
Malheureusement, après les autorités
de facto, parachutés au palais
national, le courageux peuple
haïtien a eu le malheur de lutter de
toutes ses forces pour placer à la tête
du pays un renégat, René Préval,
prêt au génocide pour livrer le malheureux
pays d'Haïti au pillage impérialiste
! Dans ce tohu-bohu électoral le
proconsul, Edmond Mulet, empêtré
dans sa propre confusion de donneur
d'ordres, a laissé entendre que
l'ONU pourrait se démettre d'Haïti,
si la volonté du peuple exprimée
aux urnes n'est pas respectée.
Peut-on prendre au sérieux des
gens qui mentent à satiété jusqu'à
croire dans leurs propres mensonges
? Si les forces d'occupation de
l'ONU pouvaient faire l'économie de
beaucoup de sang, de beaucoup de
cadavres des fi ls d'Haïti, notre pays
aurait bien eu la chance de construire
une nouvelle société, à l'abri de
la dictature d'un Occident colonisateur,
rapace et destructeur !
Le vendredi 3 et le dimanche
5 Décembre, le jour même où
l'Occident chrétien a provoqué une
grande commotion en Amérique,
des manifestants étaient descendus
dans les rues pour exiger
l'annulation des élections de la
honte du 28 Novembre, le départ du
CEP et celui de Préval. Ces milliers
de personnes ont revendiqué dans
un long parcours ralliant Pétion-
Ville, au palais national, Champ
de Mars. Là, face aux ruines de la
maison du peuple, des policiers du
CIMO ont dispersé les manifestants
à coups de gaz lacrymogène, ces
derniers ont lancé des pierres et des
bouteilles sur les forces de l'ordre et
renversé des barrières sécuritaires
qui les empêchaient de s'aventurer
à la lisière de l'espace.
Faisaient partie de cette manifestation,
entre autres, les candidats
à la présidence, l'ex-premier ministre,
Jacques Edouard Alexis, fervent
adepte du néolibéralisme, le GNBiste,
Charles Henry Baker, dont-on dit
qu'il a perdu une de ses chaussures,
en courant à toute vitesse, pour
échapper au gaz lacrymogène, le
candidat à la présidence, Jean-Henry
Céant, le Dr. Josette Bijou, exministre
de facto de la Santé Publique
et Yves Cristalin ex-ministre
des Affaires Sociales du gouvernement
Préval/Bellerive. Ces manifestants
se disent décidés à poursuivre
le combat pour l'annulation de cette
farce, même si le CEP proclame de
prétendus résultats. Des rumeurs, les unes plus
fondées que les autres circulent à
Port-au-Prince, que le CEP de concert
avec les autorités d'occupation
et gouvernementales, concoctent
des magouilles pour dorer la pilule
électorale au goût de fi el et à l'odeur
âcre afi n de la faire avaler par ce
peuple revendicatif. Il est presque certain que,
dans ce méli-mélo magouillant,
un partage de gâteau pourrait être
fait, afi n de calmer les mécontentements
de candidats qui ont pignon
sur rue. La population, quant à elle
retournera à ses cauchemars, à sa
misère et à sa souffrance, en attendant
de prochaines mobilisations,
pour se lancer à l'assaut de cette
forteresse inexpugnable du pouvoir
de la bourgeoisie. Ce peuple totalement
appauvri, fumier de l'histoire,
pourra toujours tenter d'obtenir des
miettes, dans l'immense richesse
qui devrait faire le bonheur de tous
les hommes sur cette terre.
Enfin voici les résultats du Cep
de Préval : MANIGAT, M. 336, 870
votes (31%) / CELESTIN, J. 241,
462 votes (22%.48), MARTELLY
M. 224,617 votes (21%.84). |