Haiti Liberte: Hebdomadaire Haitien / Haitian weekly

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Haiti Liberte: Hebdomadaire Haitien / Haitian weekly

Edition Electronique

Vol. 5, No. 44
Du 16 au 22  Mai  2012

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Préval veut maintenir le CEP

Des magouilles pour faire avaler la pilule !
 Par Hervé Jean Michel

...

Depuis le grand scandale électoral du 28 Novembre 2010, Haïti s'enfonce de plus en plus dans la crise. Les autorités d'occupation, maîtresses des hautes Oeuvres de destruction de ce pays et leurs laquais de l'Exécutif ainsi que du CEP, se trouvent aujourd'hui dépassées par les événements. De fl agrantes contradictions et d'ambiguïtés émaillent les déclarations d'hier et d'aujourd'hui, au point que tout observateur avisé pourrait se demander, si l'on ne se trouve pas devant d'une vaste comédie, taillée sur mesure pour fagoter les Haïtiens.

Face à l'orage qui s'annonce, le CEP d'exclusion de Gaillot Dorsinvil et toute cette engrenaille de mensonge jouent au jeu « du consensus », pour empêcher que la machine sociale ne se déraille. En effet, le vendredi 3 Décembre, l'Institution électorale a convoqué, à l'Hôtel Le Vilatte une rencontre pédagogique sur la scandaleuse journée du dimanche 28 Novembre 2010. Les candidats à la présidence étaient invités à participer ou à défaut leurs représentants. Les observateurs de la Mission OEA/Caricom étaient aussi représentés à titre d'observateurs.

...Cette rencontre s'est terminée sur la corde raide entre le CEP, qui refuse d'annuler l'imposture du 28 Novembre 2010 et les protagonistes campés sur des positions contradictoires. Le directeur général de l'Institution, Pierre-Louis Opont, a obstinément soutenu la thèse selon laquelle les failles constatées au cours de cette journée du dimanche, ne peuvent invalider l'opération. Pierre-Louis Opont a poursuivi son plaidoyer, arguant qu'il y a eu participation d'une écrasante majorité de la population à ces joutes. Tandis que Michel Martelly, par le biais de son représentant l'avocat Me. Gervais Charles, a exigé le respect du verdict populaire. Le groupe des 12 diminué du tandem, Micky- Manigat, pour sa part, a soutenu sa position initiale : l'annulation pure et simple de ces inacceptables élections. Cette position a été soutenue par Me. Camille Leblanc, avocat des 12 qui a combattu jusqu'au bout la position du CEP, lui demandant de corriger ces élections.

« On ne saurait corriger l'inacceptable. Il faut une annulation pure et simple », a lancé Me. Camille Leblanc. Il est à signaler, à part Jude Célestin, Yvon Neptune et Anacacis Jean Hector, qu'aucun autre candidat à la présidence n'était présent à cette réunion organisée par le Conseil Electoral Provisoire. Au cours de cette joute oratoire, le candidat de (INITE), Jude Célestin et celui de (Modejah) Jean Hector Anacacis, ont à eux deux demandé à l'Institution électorale de sanctionner les candidats qui, en violation de l'article 122.2 de la loi électorale, ont convoqué des manifestations de rues auxquelles ils ont participé à. Alors que d'après le candidat à la présidence, Jean-Henry Céant, les manifestations de rues ne violent pas la loi électorale dans la mesure où elles ne réclament pas la victoire. « Nous voulons tout simplement dénoncer la mascarade électorale et réclamer l'annulation du scrutin », a-t-il dit.

...Le candidat de Rennen Ayiti a eu à dire de Mme Manigat : « Mirlande Manigat n'est pas une femme de parole, c'est une véritable queue de poule, qui n'a pas de position fi xe.» Il a de même révélé que le représentant du secrétaire général de l'ONU, Edmond Mulet, était d'accord dimanche avec les 12 qui revendiquaient l'annulation des élections, le renvoi du CEP et son remplacement par une institution crédible, apte à réaliser de bonnes élections dans le pays. Jean-Henry Céant a aussi déclaré que cette position de l'ambassadeur a été exprimée au cours d'une conversation téléphonique avec l'adhésion de l'ambassadeur d'Espagne, Juan Fernandez Trigo. Le drame était le départ de Préval, qui ne pouvait être consenti par les véritables chefs de ce pays.

En effet, l'ambassadeur français, Didier Le Bret, dit reconnaître les irrégularités de ces élections, irrégularités liées à l'incompétence, provoquant des frustrations et des suspicions. Déjà le Ministre des Affaires étrangères françaises s'est dit préoccuper par la violence et a appelé au calme. Quant au départ de Préval, il ne veut plus en entendre parler évoquant la légitimité électorale du président. « La demande de départ anticipé de Préval lancée lors des manifestations du jeudi à Port-au-Prince, n'est pas acceptable, s'agissant d'une autorité élue. »

Voilà, des raisons démocratiques évoquées par les maîtres du monde. Quand leurs intérêts sont défendus, très bien défendus par un gouvernement, nul ne peut et ne doit toucher à aucun de ses cheveux, mais quand ce gouvernement regarde du côté des affamés, des laissés pour compte, des exploités, des damnés de la terre, alors c'est la condamnation pour crime de haute trahison, crime contre l'humanité. C'est la litanie des « Seigneurs ». La France ne peut et ne doit pas oublier sa participation au coup d'Etat du 29 février 2004, qui a enterré la République d'Haïti. Depuis tantôt six ans que ces impérialistes gouvernent ce pays, ils l'ont conduit à la catastrophe, pareille à celle causée par le Repartimientos et la Traite négrière.

Aujourd'hui, le peuple haïtien, à cause même des coups d'Etat à répétition fomentés par les impérialistes, débouchant sur la mise sous tutelle du pays, pillé par l'intermédiaire des structures néolibéralistes, vit dans l'humiliation, la pauvreté sous toutes ses formes et l'indignité absolue. Le drame est que ce sont ces fascistes, ces colonio-esclavagistes, ces mercantilistes, ces néolibéralistes, ces impérialistes qui dictent aux peuples, particulièrement au peuple haïtien la voie à suivre pour aboutir à la liberté et au respect des droits humains, bref à l'humanité digne !

Comment expliquer après le cuisant échec apporté par le coup d'Etat/kidnapping du 29 février 2004 et la mise sous tutelle d'Haïti par le triumvirat : Etats-Unis, France, Canada, que leur dictature continue, sans pitié à écraser Haïti ? Malheureusement, après les autorités de facto, parachutés au palais national, le courageux peuple haïtien a eu le malheur de lutter de toutes ses forces pour placer à la tête du pays un renégat, René Préval, prêt au génocide pour livrer le malheureux pays d'Haïti au pillage impérialiste !

Dans ce tohu-bohu électoral le proconsul, Edmond Mulet, empêtré dans sa propre confusion de donneur d'ordres, a laissé entendre que l'ONU pourrait se démettre d'Haïti, si la volonté du peuple exprimée aux urnes n'est pas respectée. Peut-on prendre au sérieux des gens qui mentent à satiété jusqu'à croire dans leurs propres mensonges ? Si les forces d'occupation de l'ONU pouvaient faire l'économie de beaucoup de sang, de beaucoup de cadavres des fi ls d'Haïti, notre pays aurait bien eu la chance de construire une nouvelle société, à l'abri de la dictature d'un Occident colonisateur, rapace et destructeur !

Le vendredi 3 et le dimanche 5 Décembre, le jour même où l'Occident chrétien a provoqué une grande commotion en Amérique, des manifestants étaient descendus dans les rues pour exiger l'annulation des élections de la honte du 28 Novembre, le départ du CEP et celui de Préval. Ces milliers de personnes ont revendiqué dans un long parcours ralliant Pétion- Ville, au palais national, Champ de Mars. Là, face aux ruines de la maison du peuple, des policiers du CIMO ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène, ces derniers ont lancé des pierres et des bouteilles sur les forces de l'ordre et renversé des barrières sécuritaires qui les empêchaient de s'aventurer à la lisière de l'espace.

Faisaient partie de cette manifestation, entre autres, les candidats à la présidence, l'ex-premier ministre, Jacques Edouard Alexis, fervent adepte du néolibéralisme, le GNBiste, Charles Henry Baker, dont-on dit qu'il a perdu une de ses chaussures, en courant à toute vitesse, pour échapper au gaz lacrymogène, le candidat à la présidence, Jean-Henry Céant, le Dr. Josette Bijou, exministre de facto de la Santé Publique et Yves Cristalin ex-ministre des Affaires Sociales du gouvernement Préval/Bellerive. Ces manifestants se disent décidés à poursuivre le combat pour l'annulation de cette farce, même si le CEP proclame de prétendus résultats.

Des rumeurs, les unes plus fondées que les autres circulent à Port-au-Prince, que le CEP de concert avec les autorités d'occupation et gouvernementales, concoctent des magouilles pour dorer la pilule électorale au goût de fi el et à l'odeur âcre afi n de la faire avaler par ce peuple revendicatif.

Il est presque certain que, dans ce méli-mélo magouillant, un partage de gâteau pourrait être fait, afi n de calmer les mécontentements de candidats qui ont pignon sur rue. La population, quant à elle retournera à ses cauchemars, à sa misère et à sa souffrance, en attendant de prochaines mobilisations, pour se lancer à l'assaut de cette forteresse inexpugnable du pouvoir de la bourgeoisie. Ce peuple totalement appauvri, fumier de l'histoire, pourra toujours tenter d'obtenir des miettes, dans l'immense richesse qui devrait faire le bonheur de tous les hommes sur cette terre.

Enfin voici les résultats du Cep de Préval : MANIGAT, M. 336, 870 votes (31%) / CELESTIN, J. 241, 462 votes (22%.48), MARTELLY M. 224,617 votes (21%.84).

 
 
Vol. 4 No. 19 • Du 24 au 30 Novembre 2010
 

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