Haiti Liberte: Hebdomadaire Haitien / Haitian weekly

 
 
 
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Haiti Liberte: Hebdomadaire Haitien / Haitian weekly

Edition Electronique

Vol. 4 - No. 8
From: Sep. 8 - Sep. 14, 2010

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Préval veut maintenir le CEP

Elections haïtiennes :
Haïti embourbée dans d’absolues contradictions!
Par Hervé Jean Michel

...

Un rapport des Nations Unies sur la sécurité en Haïti, daté du 31 août 2010, est tombé comme un couperet. Les Nations Unies, cette institution internationale, qui a pris en charge le coup d'Etat-kidnapping du 29 février 2004 et à sa suite la mise sous tutelle d'Haïti a publié : « La situation de la sécurité en Haïti reste généralement, calme, mais fragile. La période électorale pourrait apporter de nouveaux risques pour la stabilité ».

Voila ce qu'a osé dire une ONU qui se targue d'être garante de la stabilité et de la paix mondiale. Cette institution qui a estimé que la voie choisie par le peuple haïtien pour construire sa vie est une voie périlleuse, qu'il importait donc de corriger cette « dérive » par un coup d'Etat doublé d'une occupation du pays. Et, les Nations Unies poursuivent dans leur rapport : « En outre, il existe un risque que la campagne pour les élections présidentielles et législatives à venir, surtout les élections législatives, soient affectées par des fi - nancements provenant d'activités illégales, y compris le trafi c de la drogue qui continue d'être un facteur déstabilisant en Haïti. »

D'une gravité extrême ce « gémissement » des Nations Unies prouve, clairement, que le but poursuivi par les impérialistes et leurs laquais, est de détruire totalement Haïti. Ces magouilleurs sont devenus la risée du monde entier. Qui n'a pas ri devant les singeries d'un Latortue, d'un Préval et de tant d'autres de ces politiciens fabriqués de toutes pièces pour détruire les consciences appauvries, les coeurs endoloris et oblitérer l'âme nationale haïtienne ? Les Nations Unies sont devenues ce grand singe, qui s'agite dans sa cage à longueur de journée, dévastant, ingurgitant toujours davantage de ressources pour nous foutre dans la merde !

Qui contrôle le pays, sur terre, dans les airs, sur mer, partout, depuis cette date fatidique du 29 février 2004 ? Qui contrôle l'administration publique haïtienne, depuis cette mise sous tutelle d'Haïti ? Quels sont ceux qui trafi quent de la drogue ? L'hypocrisie de l'ONU est sans limite ! Quand les Etats-Unis, le Canada et la France, ont concocté la mise sous tutelle d'Haïti sur les bords du lac Mitch, les Nations Unies ont acquiescé de la tête, du tronc et des membres. Un territoire de plus sous sa juridiction, car il était entendu que cette occupation allait être assurée par l'organisation mondiale, toujours le grand chien de garde des impérialistes et des oligarchies mondiales.

Mais pourquoi l'ONU avec toutes les armes, les soldats, les moyens techniques et fi nanciers, l'espionnage dont elle dispose, n'arrive pas à combattre, à extirper, le trafi c illicite des stupéfi ants dans un territoire qu'elle occupe ! D'autant que les privilèges de l'accord Albright- Préval (1999) par lequel les Etats-Unis d'Amérique sont habilités à intervenir sur la terre, sur la mer et dans les airs, sont un atout privilégié pour les institutions de lutte contre le trafi c des stupéfi ants. C'est donc l'hypocrisie et le mensonge dans toute leur splendeur ! Les Nations-Unies ont continué à blaguer cette fois-ci sur l'insécurité dans les camps des sinistrés. « La sécurité dans les camps de personnes déplacées, en particulier la vulnérabilité des femmes et des enfants et l'étendue des violences sexuelles demeurent un motif d'inquiétude en particulier dans les camps, jouxtant les zones traditionnelles de bidonvilles comme Cité Soleil et Martissant ».

Pourtant l'ONU n'a pas dit à qui s'adressent ses jérémiades ?
Si aujourd'hui, Haïti se trouve plongée dans le chaos, dans la détresse absolue, l'ONU plus que tous, est responsable. Receleuse par excellence, elle est au coeur de toutes les magouilles de tous les traquenards, de toutes les injustices, de toutes les exploitations, de tous les pillages, de toutes les guerres, de tous les massacres qui tissent les rapports dominants-dominés dans le monde néolibéralisé d'aujourd'hui! Dans ce pessimisme onusien, l'OEA, l'organisation régionale, prêche un autre évangile. C'est un connaisseur, un maître qui s'exprime en la personne de Ricardo Seitenfus, le représentant de l'Organisation des Etats de l'Amérique. A sa façon de parler, il possède le don divinatoire, sachant de quoi demain sera fait. Voila, contrairement à l'ONU de bonnes élections seront organisées en Haïti : « Ceux qui peuvent voter, pourront le faire ».

De l'avis du représentant, « tout sera fait pour inviter le peuple à voter ». Néanmoins, parmi tous ces moyens, il n'a jamais parlé de l'effort qui devrait être fait pour améliorer le quotidien d'un peuple qui, avant et après le séisme du 12 janvier 2010, est piégé dans un, néolibéralisme monstrueux, qui lui enlève jusqu'au minimum vital. Brusquement, après avoir insuffl é son optimisme, Seitenfus, dit croire que, l'OEA, doit obligatoirement se mettre à la disposition des partis politiques pour davantage d'expérimentation.

Qui ne se souvient de la très profonde crise qui a débouché sur la catastrophe que nous vivons aujourd'hui en Haïti. Le chef de la délégation d'observation de l'OEA, Orlando Marville, avait provoqué un terrible scandale, lors des élections législatives et locales du 21 mai 2000. En violation de la loi électorale, il avait accusé le CEP d'alors de partisannerie, alors que au vu et au su de tout le monde, Fanmi Lavalas, avait remporté, haut les mains, les élections. C'est l'OEA qui avait provoqué la crise débouchant sur l'occupation d'Haïti, par l'impérialisme.

Même si dans la forme, certaines contradictions, apparaissent naître des points de vue des responsables de ces institutions internationales, en réalité elles accomplissent le même travail, servent les mêmes maîtres, au service des mêmes groupes d'intérêts. Les paroles de Seitenfus, mielleuses, doucereuses, à l'instar de celles des amants fi dèles ne sont que mensonges, hypocrisies et pièges tendus. Ils disent toujours, ressassent les mêmes paroles : « Les affaires d'Haïti regardent les Haïtiens. Ce sont eux qui doivent décider ». Pourtant, ils débarquent dans le pays « manu militari » avec leur propre parole, leur propre idéologie, leur propre système socioéconomique, leur propre mystère, bref leur propre culture.

Au milieu de toutes ces contradictions, au milieu de ce champ de ruines, fi erté des privilégiés, des maîtres, gémissent les malheureuses et malheureux haïtiens dans leur taudis de misère. Selon l'ex-député, Steeven Benoît, une voix qui sonne très fort dans le désert d'Haïti, le gouvernement Préval/Bellerive dispose d'un montant de 103 millions de dollars, l'argent du programme Petrocaribe, pour fi nancer la campagne électorale des candidats du parti du pouvoir « INITE ».

N'est-ce pas un scandale, un terrible scandale ?
L'argent du Petrocaribe résulte d'un accord interétatique : Venezuela- Haïti et ne peut être utilisé au fi nancement de parti politique, qu'il soit ou non le parti du pouvoir. Les Haïtiens doivent protester contre cet accaparement de l'argent de l'Etat, des institutions de l'Etat et des employés de l'Etat pour satisfaire les ambitions d'une clique au pouvoir. Déjà, de nombreuses accusations, protestations, s'élèvent contre ce gouvernement dans sa pratique d'une politique d'exclusion pour, non seulement s'accaparer des richesses nationales, mais aussi pour sauvegarder le pouvoir au détriment de la majorité nationale. Dominant l'institution électorale, détenant toutes les ressources de l'Etat, se préparant à de vastes magouilles, point n'est besoin de parler d'élections, mais plutôt de nomination par le président de la République.

Dans cette politique de gaspillage des ressources de l'Etat, 3 millions de dollars, ont été débloqués pour le compte l'institution électorale. L'offi ce national d'Identifi cation a reçu 15 millions de gourdes. Les partis et candidats habilités par le CEP à participer aux élections générales dans le pays, recevront 55 millions de gourdes. C'est le chiffre communiqué par le ministre des fi - nances, Ronald Beaudin, qui a fait l'annonce de cette valeur offerte à l'Etat pour la campagne électorale. L'une des incertitudes qui planent sur les élections du 28 novembre 2010, à part le prétendu pessimisme de l'ONU, c'est aussi le fait que les bailleurs n'ont pas encore décaissé les fonds promis au CEP.

Est-ce justement la confi rmation d'un refus systématique de décaisser ces fonds, que l'ONU a exprimée dans sa publication ? Nul ne pourrait croire que les puissances : Etats-Unis, France, Canada, se désolidariseraient du gouvernement Préval/Bellerive pour avoir pratiqué une politique discriminatoire, une politique d'exclusion sociale, néanmoins l'attitude des bailleurs de fonds et aussi les déclarations de l'ONU, poussent à la réfl exion !

Malgré tout, Gaillot Dorsainvil s'attache à l'Institution électorale, comme à la prunelle de ses yeux : « Même en cas de dissolution, je serais le dernier à quitter le CEP », a déclaré le président, mercredi 1er septembre dernier. Niant toutes les revendications de ceuxla qui l'accusent d'être inféodé au pouvoir, refusant toute correction, toute réforme, Gaillot Dorsainvil croit que le lien qui l'unit à Préval est indissoluble. Il ne sait même pas, qu'en tant que président du CEP, il appartient à une institution étatique et que son rôle est d'obéir à la loi, à la constitution de son pays, mais pas à un chef d'Etat ni à son gouvernement.

Ne tirant aucune leçon de l'échec des sénatoriales partielles d'avril et de juin 2009 dernier, Dorsainvil, se considère comme l'homme lige d'un président de la République, au lieu de remplir sa mission comme serviteur du pays. Il se croit être inamovible en vertu des « loyaux » services rendus à Préval. Ainsi va la vie dans ce pays où tout est permis, où tout peut être fait, sauf une politique visant à transformer les dramatiques conditions de vie de la majorité en conditions dignes de l'homme.

Le moment est venu pour nous de poser la grande question léninienne : que faire ? Le fondateur du premier Etat socialiste du monde ne s'était pas contenté d'une seule stratégie pour conduire la bataille vers un changement véritable dans son pays. Il avait plusieurs fl èches à son arc et s'en est servi au moment où les circonstances l'exigeaient. N'a-t-il pas dit, le grand Lénine : « Quand la bourgeoisie piétine son drapeau démocratique bourgeois, vous prolétaires, devez le ramasser pour deux pas en avant, un pas en arrière ». Dans ce pays nous sommes condamnés à nous servir des armes qu'utilisent nos exploiteurs, nos colonisateurs. N'est-ce pas un paradoxe de l'histoire!

 
 
Vol. 4 No. 8 • Du 8er au 14 Septembre 2010
 

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