|

Un rapport des Nations Unies sur
la sécurité en Haïti, daté du 31
août 2010, est tombé comme un
couperet. Les Nations Unies, cette
institution internationale, qui a pris
en charge le coup d'Etat-kidnapping
du 29 février 2004 et à sa suite la
mise sous tutelle d'Haïti a publié :
« La situation de la sécurité en
Haïti reste généralement, calme,
mais fragile. La période électorale
pourrait apporter de nouveaux risques
pour la stabilité ». Voila ce qu'a osé dire une
ONU qui se targue d'être garante de
la stabilité et de la paix mondiale.
Cette institution qui a estimé que
la voie choisie par le peuple haïtien
pour construire sa vie est une
voie périlleuse, qu'il importait donc
de corriger cette « dérive » par un
coup d'Etat doublé d'une occupation
du pays. Et, les Nations Unies
poursuivent dans leur rapport :
« En outre, il existe un risque que
la campagne pour les élections
présidentielles et législatives à
venir, surtout les élections législatives,
soient affectées par des fi -
nancements provenant d'activités
illégales, y compris le trafi c de la
drogue qui continue d'être un facteur
déstabilisant en Haïti. » D'une gravité extrême ce
« gémissement » des Nations Unies
prouve, clairement, que le but
poursuivi par les impérialistes et
leurs laquais, est de détruire totalement
Haïti. Ces magouilleurs sont
devenus la risée du monde entier.
Qui n'a pas ri devant les singeries
d'un Latortue, d'un Préval et de tant
d'autres de ces politiciens fabriqués
de toutes pièces pour détruire les
consciences appauvries, les coeurs
endoloris et oblitérer l'âme nationale
haïtienne ?
Les Nations Unies sont devenues
ce grand singe, qui s'agite
dans sa cage à longueur de journée,
dévastant, ingurgitant toujours davantage
de ressources pour nous
foutre dans la merde ! Qui contrôle le pays, sur
terre, dans les airs, sur mer, partout,
depuis cette date fatidique
du 29 février 2004 ? Qui contrôle
l'administration publique haïtienne,
depuis cette mise sous tutelle
d'Haïti ? Quels sont ceux qui
trafi quent de la drogue ? L'hypocrisie
de l'ONU est sans limite !
Quand les Etats-Unis, le
Canada et la France, ont concocté
la mise sous tutelle d'Haïti sur les
bords du lac Mitch, les Nations
Unies ont acquiescé de la tête, du
tronc et des membres. Un territoire
de plus sous sa juridiction, car il
était entendu que cette occupation
allait être assurée par l'organisation
mondiale, toujours le grand chien
de garde des impérialistes et des
oligarchies mondiales. Mais pourquoi l'ONU avec
toutes les armes, les soldats, les
moyens techniques et fi nanciers,
l'espionnage dont elle dispose,
n'arrive pas à combattre, à extirper,
le trafi c illicite des stupéfi ants dans
un territoire qu'elle occupe ! D'autant
que les privilèges de l'accord Albright-
Préval (1999) par lequel les
Etats-Unis d'Amérique sont habilités
à intervenir sur la terre, sur la
mer et dans les airs, sont un atout
privilégié pour les institutions de
lutte contre le trafi c des stupéfi ants.
C'est donc l'hypocrisie et le mensonge
dans toute leur splendeur !
Les Nations-Unies ont continué
à blaguer cette fois-ci sur
l'insécurité dans les camps des sinistrés.
« La sécurité dans les camps
de personnes déplacées, en particulier
la vulnérabilité des femmes
et des enfants et l'étendue des violences
sexuelles demeurent un motif
d'inquiétude en particulier dans
les camps, jouxtant les zones traditionnelles
de bidonvilles comme
Cité Soleil et Martissant ». Pourtant l'ONU n'a pas dit
à qui s'adressent ses jérémiades
?
Si aujourd'hui, Haïti se trouve
plongée dans le chaos, dans la détresse
absolue, l'ONU plus que tous,
est responsable. Receleuse par excellence,
elle est au coeur de toutes
les magouilles de tous les traquenards,
de toutes les injustices, de
toutes les exploitations, de tous les
pillages, de toutes les guerres, de
tous les massacres qui tissent les
rapports dominants-dominés dans le
monde néolibéralisé d'aujourd'hui!
Dans ce pessimisme onusien,
l'OEA, l'organisation régionale,
prêche un autre évangile. C'est un
connaisseur, un maître qui s'exprime
en la personne de Ricardo Seitenfus,
le représentant de l'Organisation
des Etats de l'Amérique. A sa façon
de parler, il possède le don divinatoire,
sachant de quoi demain sera
fait. Voila, contrairement à l'ONU de
bonnes élections seront organisées
en Haïti : « Ceux qui peuvent voter,
pourront le faire ». De l'avis du représentant,
« tout sera fait pour inviter le peuple
à voter ». Néanmoins, parmi
tous ces moyens, il n'a jamais parlé
de l'effort qui devrait être fait pour
améliorer le quotidien d'un peuple
qui, avant et après le séisme du 12
janvier 2010, est piégé dans un,
néolibéralisme monstrueux, qui lui
enlève jusqu'au minimum vital.
Brusquement, après avoir insuffl
é son optimisme, Seitenfus, dit
croire que, l'OEA, doit obligatoirement
se mettre à la disposition des
partis politiques pour davantage
d'expérimentation. Qui ne se souvient de la très
profonde crise qui a débouché sur
la catastrophe que nous vivons
aujourd'hui en Haïti. Le chef de la
délégation d'observation de l'OEA,
Orlando Marville, avait provoqué
un terrible scandale, lors des élections
législatives et locales du 21
mai 2000. En violation de la loi
électorale, il avait accusé le CEP
d'alors de partisannerie, alors que
au vu et au su de tout le monde,
Fanmi Lavalas, avait remporté,
haut les mains, les élections. C'est
l'OEA qui avait provoqué la crise
débouchant sur l'occupation d'Haïti,
par l'impérialisme. Même si dans la forme, certaines
contradictions, apparaissent
naître des points de vue des
responsables de ces institutions
internationales, en réalité elles accomplissent
le même travail, servent
les mêmes maîtres, au service
des mêmes groupes d'intérêts. Les
paroles de Seitenfus, mielleuses,
doucereuses, à l'instar de celles des
amants fi dèles ne sont que mensonges,
hypocrisies et pièges tendus.
Ils disent toujours, ressassent
les mêmes paroles : « Les affaires
d'Haïti regardent les Haïtiens. Ce
sont eux qui doivent décider ».
Pourtant, ils débarquent dans le
pays « manu militari » avec leur
propre parole, leur propre idéologie,
leur propre système socioéconomique,
leur propre mystère,
bref leur propre culture. Au milieu de toutes ces contradictions,
au milieu de ce champ
de ruines, fi erté des privilégiés, des
maîtres, gémissent les malheureuses
et malheureux haïtiens dans leur
taudis de misère. Selon l'ex-député,
Steeven Benoît, une voix qui sonne
très fort dans le désert d'Haïti, le
gouvernement Préval/Bellerive dispose
d'un montant de 103 millions
de dollars, l'argent du programme
Petrocaribe, pour fi nancer la campagne
électorale des candidats du
parti du pouvoir « INITE ». N'est-ce pas un scandale,
un terrible scandale ? L'argent du Petrocaribe résulte
d'un accord interétatique : Venezuela-
Haïti et ne peut être utilisé au
fi nancement de parti politique, qu'il
soit ou non le parti du pouvoir. Les
Haïtiens doivent protester contre cet
accaparement de l'argent de l'Etat,
des institutions de l'Etat et des employés
de l'Etat pour satisfaire les
ambitions d'une clique au pouvoir.
Déjà, de nombreuses accusations,
protestations, s'élèvent contre
ce gouvernement dans sa pratique
d'une politique d'exclusion
pour, non seulement s'accaparer
des richesses nationales, mais aussi
pour sauvegarder le pouvoir au
détriment de la majorité nationale.
Dominant l'institution électorale,
détenant toutes les ressources de
l'Etat, se préparant à de vastes magouilles,
point n'est besoin de parler
d'élections, mais plutôt de nomination
par le président de la République. Dans cette politique de gaspillage
des ressources de l'Etat, 3 millions
de dollars, ont été débloqués
pour le compte l'institution électorale.
L'offi ce national d'Identifi cation
a reçu 15 millions de gourdes. Les
partis et candidats habilités par le
CEP à participer aux élections générales
dans le pays, recevront 55
millions de gourdes. C'est le chiffre
communiqué par le ministre des fi -
nances, Ronald Beaudin, qui a fait
l'annonce de cette valeur offerte à
l'Etat pour la campagne électorale.
L'une des incertitudes qui planent
sur les élections du 28 novembre
2010, à part le prétendu pessimisme
de l'ONU, c'est aussi le fait
que les bailleurs n'ont pas encore
décaissé les fonds promis au CEP. Est-ce justement la confi rmation
d'un refus systématique
de décaisser ces fonds, que
l'ONU a exprimée dans sa publication
?
Nul ne pourrait croire que les
puissances : Etats-Unis, France,
Canada, se désolidariseraient du
gouvernement Préval/Bellerive
pour avoir pratiqué une politique
discriminatoire, une politique
d'exclusion sociale, néanmoins
l'attitude des bailleurs de fonds et
aussi les déclarations de l'ONU,
poussent à la réfl exion ! Malgré tout, Gaillot Dorsainvil
s'attache à l'Institution électorale,
comme à la prunelle de ses
yeux : « Même en cas de dissolution,
je serais le dernier à quitter le
CEP », a déclaré le président, mercredi
1er septembre dernier. Niant
toutes les revendications de ceuxla
qui l'accusent d'être inféodé au
pouvoir, refusant toute correction,
toute réforme, Gaillot Dorsainvil
croit que le lien qui l'unit à Préval
est indissoluble. Il ne sait même
pas, qu'en tant que président du
CEP, il appartient à une institution
étatique et que son rôle est d'obéir à
la loi, à la constitution de son pays,
mais pas à un chef d'Etat ni à son
gouvernement. Ne tirant aucune leçon de
l'échec des sénatoriales partielles
d'avril et de juin 2009 dernier,
Dorsainvil, se considère comme
l'homme lige d'un président de la
République, au lieu de remplir sa
mission comme serviteur du pays.
Il se croit être inamovible en vertu
des « loyaux » services rendus à
Préval. Ainsi va la vie dans ce pays
où tout est permis, où tout peut
être fait, sauf une politique visant à
transformer les dramatiques conditions
de vie de la majorité en conditions
dignes de l'homme. Le moment est venu pour
nous de poser la grande question
léninienne : que faire ? Le fondateur
du premier Etat socialiste du monde
ne s'était pas contenté d'une seule
stratégie pour conduire la bataille
vers un changement véritable dans
son pays. Il avait plusieurs fl èches à
son arc et s'en est servi au moment
où les circonstances l'exigeaient.
N'a-t-il pas dit, le grand Lénine
: « Quand la bourgeoisie piétine
son drapeau démocratique
bourgeois, vous prolétaires, devez
le ramasser pour deux pas en
avant, un pas en arrière ». Dans
ce pays nous sommes condamnés
à nous servir des armes qu'utilisent
nos exploiteurs, nos colonisateurs.
N'est-ce pas un paradoxe de l'histoire! |