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Le lundi 6 septembre 2010, le ministre
des Affaires sociales, Yves Cristallin,
devenu candidat à la présidence sous la
bannière de l' « Oganizasyon Lavni », a
été remplacé par un très proche du président
Préval, Gérald Germain, qui a été
ministre à plusieurs reprises au cours du
mandat de l'actuel président.
Comme d'habitude, les ministres
démissionnaires de leur poste, s'arrangent
avec leur remplaçant pour s'auto-féliciter,
l'un l'autre, et se dire des paroles qu'ils aimeraient
écouter. Ainsi à cette cérémonie
de passation de pouvoir, en présence
de, Max Bellerive, premier ministre du
gouvernement, Préval/Bellerive, des
membres du gouvernement et d'autres
personnes, partisans et des employés du
ministère. « Monsieur le ministre, j'ai
l'honneur de vous transmettre le fl ambeau.
Qu'en vos mains, la fl amme allumée
en novembre 2009, cette fl amme
de l'espoir d'une Haïti socialement juste,
ne s'éteigne pas ». Ces paroles du candidat
Cristallin étonnent, tant elles sonnent
faux. Parler d'une Haïti socialement juste,
alors qu'elle gît sous la tutelle étrangère
et ne pouvant prendre aucune décision
pour améliorer le sort de la communauté,
témoigne de l'audace et de la mauvaise
foi. Ces messieurs se foutent de notre
gueule. Ils ne pèsent jamais leurs mots,
quand en réalité ce qu'ils désirent, c'est de
s'exprimer. Personne ne peut les empêcher
de mentir. Le ministère des affaires sociales,
à l'instar de tous les autres, est absent
dans la vie de la population. C'est la règle
du jeu quand la politique globale d'un
gouvernement se résume à satisfaire les
intérêts de groupuscules, niant, rejetant
les revendications fondamentales de la
majorité : le droit de vivre dignement la
condition humaine.
De quelle fl amme de l'espoir parle
donc Cristallin, quand les masses populaires
qui ont combattu pour améliorer
un tant soit peu leur vie, pour instaurer
un minimum de démocratie à l'encontre
d'un système d'exclusion, ont été rejetées
par ce même candidat, qui a tant vanté
l'espoir et qui une fois au pouvoir transforme
ledit espoir en désespoir. Ce n'est pas à un vieux singe qu'on
peut apprendre à faire de la grimace. Si
Cristallin, en prononçant ses paroles ne
croit, lui-même, à rien de ce qu'il a dit, ce
n'est pas à cette population marginalisée
qu'il apprendra à s'y soumettre. Qu'a fait
Cristallin au ministère des Affaires sociales
pour les sinistrés du 12 janvier, jetés dans
les rues, sur les places publiques, partout
où il était possible de s'abriter ?
Dire que les questions sociales sont
devenues plus cruciales, après le 12 janvier
2010, n'est autre que paroles et non
actions pour changer les choses. Cristallin
n'a aucune raison à se justifi er, car il
n'a eu aucun engagement, face à la société.
Il n'a fait que son boulot et attendre,
peinard dans son coin, le nouveau
rôle que va lui décerner dans la pièce,
son patron qui n'est autre que Préval. Le
ministre sortant, n'a pas à jouer le jeu de
la sensibilité. « Nombre d'handicapés,
d'orphelins attendent, dans leur misère
et leur désespoir l'intervention d'un Etat
solidaire et généreux. Que dire des millions
de sans-abris et de chômeurs, les
enfants de rues, les ouvriers qui attendent
encore le salaire minimum fi xé par
la présente loi. Les urgences en matière
de dossiers sociaux sont multiples. » Voilà, de la démagogie pure. Cristallin,
après avoir servi un gouvernement
qui a exclu la majorité, un gouvernement
qui a accompli avec ferveur la mission
de l'impérialisme, est venu aujourd'hui
nous parler d'Etat solidaire et généreux,
d'un Etat paternaliste qui s'engage dans
l'intégration de tous. Ce sont des paroles
d'un candidat qui ne seront même pas
écoutées par la majorité souffrante.
Et, Bellerive enchaîne pour mieux
harmoniser cette cacophonie cristaline
qui rime mieux avec le mensonge et
l'hypocrisie, tout en défi ant la vérité :
« Au moment de l'installation de Yves
Cristallin, personnellement dans un local
délabré, il avait dit que le ministère des
Affaires sociales ne peut pas demeurer
dans un tel bâtiment en bois. Il a tenu
ses promesses. » Pour Bellerive, c'est la grande réussite
quand, après la catastrophe du 12
janvier 2010, Cristallin a placé le ministère
dans un nouveau bâtiment. Quel premier
ministre ! On comprend très bien pourquoi
le pays est si bien géré par le gouvernement
Préval/Bellerive ! A présent,
écoutons Gérald Germain dans ses fl atteries
et ses bassesses : « Pour la troisième
fois de ma carrière, le président de la République
m'honore comme ministre d'un
gouvernement sous sa présidence. Deux
fois pour diriger le stratégique ministère
des Affaires Sociales. » Une fois le « notre père » dit,
Gérald Germain a égrené son chapelet de
grandes idées, plutôt « les grandes lignes
directrices de son action, en vue de la
stabilité de l'Etat ». Alors, Préval peut
sommeiller dans la paix avec un tel ministre
aux Affaires sociales. Le peuple verra
ses revendications, écoutées et satisfaites.
Il cessera de gémir, de geindre, de voler de
sit-in en sit-in, de vivoter sous des tentes
délabrées, misérables et pouilleuses.
« Je mesure avec beaucoup de réalisme
l'ampleur et la diversité des taches qui
nous attendent au MAST. Nous allons
mobiliser l'essentiel de nos ressources
techniques, informationnelles et fi nancières
en vue d'améliorer les conditions
de vie de la population rendue plus vulnérable
après le 12 janvier ». Quand le parlement haïtien a ratifi é
le choix de Madame Michèle Pierre-Louis
comme premier ministre, Préval était si
heureux qu'il a soudainement déclaré «la
deuxième mi-temps est au peuple «. Par la
suite, la population a compris ce que cette
deuxième mi-temps, qui lui a apporté
tout un cortège d'angoisse, de désespoir,
d'insulte et d'exclusion sociale, voulait
dire.
Le ministre Gérald Germain, digne
héritier de Préval, a su trouver les « mots
justes », enfourché qu'il était, sur son
grand cheval, pour réaliser dans environ
six (6) mois ce que ce gouvernement n'a
pas réalisé pendant tout le mandat de cinq
(5) ans. Superbe Gérald Germain, le peuple
haïtien est fi er de vous et vous sera
reconnaissant toute sa chienne de vie !
Bien sûr, Gérald Germain, ministre,
que va-t-il faire pour ces exclus qui travaillent
pou un salaire de misère de 125
gourdes, au lieu de 200 gourdes votées
par les sénateurs et les députés ? En vérité,
notre fameux ministre n'a pas souffl é
mot sur ce cas. La « générosité proverbiale
» du grand ministre n'a pas agi au
profi t des absolus exploités de la soustraitance
haïtienne. L'une des évidences que le gouvernement
Préval/Bellerive pratique une
politique discriminatoire, est le fait du
décaissement de 1.3 milliard de gourdes
pour les employés et fonctionnaires de
l'administration publique et rien pour les
travailleurs des entreprises publiques et
privées. Ceux qui ont reçu cette valeur le
méritent, compte tenu de la tragique situation,
surtout après le 12 janvier 2010.
Cependant tous les travailleurs, surtout
les sous-payés, ces éternels exploités,
méritent cette gratifi cation de l'Etat.
Selon l'article 2.1 de la loi sur le
salaire minimum à partir du 1er octobre
2010, 250 gourdes seront versées pour
huit (8) heures de travail. Cette loi serat-
elle appliquée au bénéfi ce des défavorisés
? En somme, il n'y a pas grande
chose à attendre de ce gouvernement défunt
qui, pendant tout un quinquennat,
n'a fait qu'appliquer le néolibéralisme,
cette politique qui a terrorisé les travailleurs,
les peuples du monde entier. Ce
n'est pas aujourd'hui, après un constat
d'échec consommé, qu'un ministre, futil
le plus grand démagogue de tous les
temps, puisse convaincre le peuple haïtien.
Préval doit partir avec la conscience
d'avoir massacré le peuple haïtien. Nul,
s'il n'est pas l'un des jouisseurs, des profi
teurs de ce périlleux quinquennat, n'a
le droit de s'apitoyer sur le verdict que
l'histoire réserve à Préval, à la clique de
politiciens et de complices de la catastrophe
haïtienne! |