Haiti Liberte: Hebdomadaire Haitien / Haitian weekly

 
 
 
Home :: Archives :: Ad Rates / Tarifs Publicitaires :: Subscription / Abonnement :: Info :: Contact

Haiti Liberte: Hebdomadaire Haitien / Haitian weekly

Edition Electronique

Vol. 4 - No. 8
From: Sep. 8 - Sep. 14, 2010

User Login

Email Address

Password

 

Préval veut maintenir le CEP

Changement au MAST : Pour perpétuer l’exclusion des masses!
Par Hervé Jean Michel

...

Le lundi 6 septembre 2010, le ministre des Affaires sociales, Yves Cristallin, devenu candidat à la présidence sous la bannière de l' « Oganizasyon Lavni », a été remplacé par un très proche du président Préval, Gérald Germain, qui a été ministre à plusieurs reprises au cours du mandat de l'actuel président. Comme d'habitude, les ministres démissionnaires de leur poste, s'arrangent avec leur remplaçant pour s'auto-féliciter, l'un l'autre, et se dire des paroles qu'ils aimeraient écouter. Ainsi à cette cérémonie de passation de pouvoir, en présence de, Max Bellerive, premier ministre du gouvernement, Préval/Bellerive, des membres du gouvernement et d'autres personnes, partisans et des employés du ministère.

« Monsieur le ministre, j'ai l'honneur de vous transmettre le fl ambeau. Qu'en vos mains, la fl amme allumée en novembre 2009, cette fl amme de l'espoir d'une Haïti socialement juste, ne s'éteigne pas ». Ces paroles du candidat Cristallin étonnent, tant elles sonnent faux. Parler d'une Haïti socialement juste, alors qu'elle gît sous la tutelle étrangère et ne pouvant prendre aucune décision pour améliorer le sort de la communauté, témoigne de l'audace et de la mauvaise foi. Ces messieurs se foutent de notre gueule. Ils ne pèsent jamais leurs mots, quand en réalité ce qu'ils désirent, c'est de s'exprimer. Personne ne peut les empêcher de mentir.

Le ministère des affaires sociales, à l'instar de tous les autres, est absent dans la vie de la population. C'est la règle du jeu quand la politique globale d'un gouvernement se résume à satisfaire les intérêts de groupuscules, niant, rejetant les revendications fondamentales de la majorité : le droit de vivre dignement la condition humaine. De quelle fl amme de l'espoir parle donc Cristallin, quand les masses populaires qui ont combattu pour améliorer un tant soit peu leur vie, pour instaurer un minimum de démocratie à l'encontre d'un système d'exclusion, ont été rejetées par ce même candidat, qui a tant vanté l'espoir et qui une fois au pouvoir transforme ledit espoir en désespoir.

Ce n'est pas à un vieux singe qu'on peut apprendre à faire de la grimace. Si Cristallin, en prononçant ses paroles ne croit, lui-même, à rien de ce qu'il a dit, ce n'est pas à cette population marginalisée qu'il apprendra à s'y soumettre. Qu'a fait Cristallin au ministère des Affaires sociales pour les sinistrés du 12 janvier, jetés dans les rues, sur les places publiques, partout où il était possible de s'abriter ? Dire que les questions sociales sont devenues plus cruciales, après le 12 janvier 2010, n'est autre que paroles et non actions pour changer les choses. Cristallin n'a aucune raison à se justifi er, car il n'a eu aucun engagement, face à la société. Il n'a fait que son boulot et attendre, peinard dans son coin, le nouveau rôle que va lui décerner dans la pièce, son patron qui n'est autre que Préval. Le ministre sortant, n'a pas à jouer le jeu de la sensibilité. « Nombre d'handicapés, d'orphelins attendent, dans leur misère et leur désespoir l'intervention d'un Etat solidaire et généreux. Que dire des millions de sans-abris et de chômeurs, les enfants de rues, les ouvriers qui attendent encore le salaire minimum fi xé par la présente loi. Les urgences en matière de dossiers sociaux sont multiples. »

Voilà, de la démagogie pure. Cristallin, après avoir servi un gouvernement qui a exclu la majorité, un gouvernement qui a accompli avec ferveur la mission de l'impérialisme, est venu aujourd'hui nous parler d'Etat solidaire et généreux, d'un Etat paternaliste qui s'engage dans l'intégration de tous. Ce sont des paroles d'un candidat qui ne seront même pas écoutées par la majorité souffrante. Et, Bellerive enchaîne pour mieux harmoniser cette cacophonie cristaline qui rime mieux avec le mensonge et l'hypocrisie, tout en défi ant la vérité : « Au moment de l'installation de Yves Cristallin, personnellement dans un local délabré, il avait dit que le ministère des Affaires sociales ne peut pas demeurer dans un tel bâtiment en bois. Il a tenu ses promesses. »

Pour Bellerive, c'est la grande réussite quand, après la catastrophe du 12 janvier 2010, Cristallin a placé le ministère dans un nouveau bâtiment. Quel premier ministre ! On comprend très bien pourquoi le pays est si bien géré par le gouvernement Préval/Bellerive ! A présent, écoutons Gérald Germain dans ses fl atteries et ses bassesses : « Pour la troisième fois de ma carrière, le président de la République m'honore comme ministre d'un gouvernement sous sa présidence. Deux fois pour diriger le stratégique ministère des Affaires Sociales. »

Une fois le « notre père » dit, Gérald Germain a égrené son chapelet de grandes idées, plutôt « les grandes lignes directrices de son action, en vue de la stabilité de l'Etat ». Alors, Préval peut sommeiller dans la paix avec un tel ministre aux Affaires sociales. Le peuple verra ses revendications, écoutées et satisfaites. Il cessera de gémir, de geindre, de voler de sit-in en sit-in, de vivoter sous des tentes délabrées, misérables et pouilleuses. « Je mesure avec beaucoup de réalisme l'ampleur et la diversité des taches qui nous attendent au MAST. Nous allons mobiliser l'essentiel de nos ressources techniques, informationnelles et fi nancières en vue d'améliorer les conditions de vie de la population rendue plus vulnérable après le 12 janvier ».

Quand le parlement haïtien a ratifi é le choix de Madame Michèle Pierre-Louis comme premier ministre, Préval était si heureux qu'il a soudainement déclaré «la deuxième mi-temps est au peuple «. Par la suite, la population a compris ce que cette deuxième mi-temps, qui lui a apporté tout un cortège d'angoisse, de désespoir, d'insulte et d'exclusion sociale, voulait dire. Le ministre Gérald Germain, digne héritier de Préval, a su trouver les « mots justes », enfourché qu'il était, sur son grand cheval, pour réaliser dans environ six (6) mois ce que ce gouvernement n'a pas réalisé pendant tout le mandat de cinq (5) ans. Superbe Gérald Germain, le peuple haïtien est fi er de vous et vous sera reconnaissant toute sa chienne de vie ! Bien sûr, Gérald Germain, ministre, que va-t-il faire pour ces exclus qui travaillent pou un salaire de misère de 125 gourdes, au lieu de 200 gourdes votées par les sénateurs et les députés ? En vérité, notre fameux ministre n'a pas souffl é mot sur ce cas. La « générosité proverbiale » du grand ministre n'a pas agi au profi t des absolus exploités de la soustraitance haïtienne.

L'une des évidences que le gouvernement Préval/Bellerive pratique une politique discriminatoire, est le fait du décaissement de 1.3 milliard de gourdes pour les employés et fonctionnaires de l'administration publique et rien pour les travailleurs des entreprises publiques et privées. Ceux qui ont reçu cette valeur le méritent, compte tenu de la tragique situation, surtout après le 12 janvier 2010. Cependant tous les travailleurs, surtout les sous-payés, ces éternels exploités, méritent cette gratifi cation de l'Etat. Selon l'article 2.1 de la loi sur le salaire minimum à partir du 1er octobre 2010, 250 gourdes seront versées pour huit (8) heures de travail. Cette loi serat- elle appliquée au bénéfi ce des défavorisés ?

En somme, il n'y a pas grande chose à attendre de ce gouvernement défunt qui, pendant tout un quinquennat, n'a fait qu'appliquer le néolibéralisme, cette politique qui a terrorisé les travailleurs, les peuples du monde entier. Ce n'est pas aujourd'hui, après un constat d'échec consommé, qu'un ministre, futil le plus grand démagogue de tous les temps, puisse convaincre le peuple haïtien. Préval doit partir avec la conscience d'avoir massacré le peuple haïtien. Nul, s'il n'est pas l'un des jouisseurs, des profi teurs de ce périlleux quinquennat, n'a le droit de s'apitoyer sur le verdict que l'histoire réserve à Préval, à la clique de politiciens et de complices de la catastrophe haïtienne!

 
 
Vol. 4 No. 8 • Du 8er au 14 Septembre 2010
 

Home | Archives | Ads/Publicites | Contact Us

 

Copyright © 2009 Haiti Liberte. All rights reserved
Site Design and Hosted by:All in One Office, LLC