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Haiti Liberte: Hebdomadaire Haitien / Haitian weekly news
 

Edition Electronique

Vol. 8, No. 28
Du  Jan  21  au  Jan 27. 2015

Electronic Edition

Kòrdinasyon Desalin: Conférence de presse

 

Haitiliberte
Le gouvernement le plus long!
Par: Berthony Dupont

...

Cent ans d’occupation ! Un siècle de colonialisme et de néo-colonialisme pour le malheur du peuple haïtien, pour étouffer et écraser sa capacité créatrice et révolutionnaire, pour le rendre politiquement impotent. Par la grâce de l’occident, ce néo-colonialisme a façonné une sorte de gouvernement de l’ombre, souterrain, tout-puissant, continu, permanent, en fait le gouvernement le plus long, le plus stable que nous ayons eu, puisque à travers des comparses et des traîtres, depuis un siècle, il n’a cessé de mener le jeu, son jeu, vouant notre pays à la crise politique chronique et à l’échec. Avec lui, nos rapports relèvent d’une continuité dans la négation, l’asservissement, le pillage, le vide culturel et les tables rases.

C’est le règne sauvage de l’exploitation, de l’oppression, de l’infamie, de l’humiliation. Tout a été fait pour priver le peuple de sa personnalité, de sa souveraineté, de ses coutumes, de ses mœurs pour le transformer en un esclave, un étranger sur sa propre terre. Tout a été mis en place pour répandre l’alcoolisme, l’homosexualité et la prostitution, pour implanter le racisme et les complexes qu’il engendre pour diviser les masses populaires.

Si le néo-colonialisme n’a pas réussi à nous conquérir et à nous dominer complètement, c’est du fait qu’il n’a jamais réussi à dompter l’esprit des masses, ni à détruire leurs aspirations à la liberté et au changement révolutionnaire. Haïti est l’unique pays de l’Amérique latine dont il n’a pas pu briser le ciment de résistance culturelle pour pousser les jeunes des masses populaires à apprendre à jouer au baseball, sport national des américains. Il n’a pas réussi pendant un siècle à nous «maquiller» comme il a façonné la République voisine.

Ce gouvernement le plus long, cette structure néocoloniale permanente qui nie la volonté et les aspirations des peuples a craqué en Haïti ; mais pour tenir le coup il s’est donné une base politique grâce au concours d’hommes de paille, d’opportunistes patentés, de fieffés mercenaires et d’une certaine bourgeoisie antinationale et patripoche. Ce gouvernement s’est fait remarquer pour avoir fait des milliers de victimes emprisonnées, assassinées et exilées. Ce gouvernement a assassiné entre autres Jacques Stephen Alexis, Ezéchiel Abélard, Jean-Jacques Dessalines Ambroise, Gérald et Richard Brisson, Yanick Rigaud, le juge Jean Serge Joseph. Il pratique même l’assassinat en masse et à longue distance, ainsi les tueries au lendemain de coups d’État en 1991 et 2004.

Le bilan de ce gouvernement que ce soit dans le domaine économique ou social, agricole ou industriel, sanitaire ou éducatif a créé des distorsions énormes à travers les inégalités qu’il a creusées. Si nous acceptons d’entamer un autre centenaire dans ces conditions, c’est que nous n’avons ni l’amour de la patrie, ni l’amour du soi.

L’histoire a démontré que presque toujours la furie répressive d’un régime n’est jamais un signe de force. Ce gouvernement malgré sa longévité relative s’acheminera tout bonnement vers un point de rupture. L’essentiel est de reconnaître que nous avons une force en sommeil et qu’il faut la réveiller à temps ; en unissant toutes les forces populaires progressistes et anti-impérialistes du pays qui croient que nous pouvons le faire et pas seulement en paroles, mais en action, puisque Haïti doit effectivement revenir aux haïtiens.

Ce peuple qui vit douloureusement cette situation d’occupation et de domination doit regarder son avenir en tant que révolutionnaire pour changer l’ordre des choses. Tout peuple qui veut des lendemains meilleurs, qui veut regarder son futur avec confiance a toujours quelque chose à gagner. Alors, la véritable solution, c’est de mettre fin au pillage des richesses du pays par les multinationales. Il est de notre devoir de combattre ce phénomène de tutelle qui a trop duré. Il ne nous reste qu’à nous mobiliser face au néo-colonialisme, face au laisser-aller morbide d’une alliance malsaine entre l’intérieur et l’extérieur qu’il faut de toute façon juguler. C’est donc une question de vigilance et de détermination pour y arriver.

En ce jour de 28 juillet, nombreux sont les candidats aux prochaines mascarades électorales qui sans doute ont dénoncé la domination impériale ; mais ils ont pris la haute précaution de ne rien dire concernant le processus électoral financé par le grand oncle impérial et dont ses missions d’observation et de contrôle commencent déjà à se déployer après les signatures de protocole d’accord avec le gouvernement haïtien qui leur donne plein droit de s’ingérer dans les affaires internes du pays.

Le moment n’était-il pas idéal pour exiger le départ des forces occupantes de la Minustah, continuité de ce gouvernement le plus long que nous ayons eu ! Quelle est leur raison d’être sinon protéger un pouvoir minoritaire et cautionner la politique de domination militaire américaine dans le pays ?

Tôt ou tard, le peuple haïtien devra se débarrasser du contingent militaire et civil de l’impérialisme et de tous ses valets locaux formant un gouvernement de conspirateurs contre la cause haïtienne. Alors, il se mettra à bâtir enfin un pays réellement libre et souverain. Que l’impérialisme trouve son tombeau en Haïti!

Posted on:
Vol. 9 • No. 3 • du 29 juillet au 4 août 2015

 
 

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