Haiti Liberte
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Edition Electronique |
Vol. 10 • No. 26 • Du 4 Jan au
10 Jan 2017 |
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Vol. 8 • No. 43 • Du 6 au 12 mai 2015 |
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Hollande et Martelly font fi de la dette Française à Haïti! |
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Par Isabelle L. Papillon |
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C’est sous
les cris de « Vive Dessalines, A bas Hollande !» que les
manifestants voulaient accueillir le président français.
Comme prévu, le Président français, François Hollande
achevait sa tournée dans la Caraïbe par une visite
officielle en Haïti, le mardi 12 mai 2015.
Il a été accueilli à
l’aéroport par Martelly et le premier ministre de facto
Evans Paul.
Hollande était accompagné d’une importante
délégation composée de 300 personnes : les membres du
gouvernement et du Parlement, 5 représentants des
territoires français d’outre-mer, des représentants de
l’université, du monde culturel et des hommes
d’affaires, ainsi que 60 journalistes. Cette visite de
moins de 24 heures et la première du Président Hollande,
s’inscrit-elle dans le cadre du renforcement des
relations dominant-dominé entre la France, ancienne
puissance coloniale et Haïti, ancienne colonie
française ? Cinq années après la visite de Nicolas
Sarkozy en Haïti en 2010, suite au séisme du 12 janvier
2010
De toute
façon, le peuple haïtien en a profité pour exiger
restitution et réparation, puisqu’en 2001 la France
reconnaissait officiellement que l’esclavage est un
crime contre l’humanité, ajouté à cela qu’en 2006,
l’ex-président français, Jacques Chirac a formellement
décrété le 10 mai journée de commémoration de la traite
et de l’esclavage.
Par
ailleurs, ce dimanche 10 mai 2015, le Président Michel
Martelly, en présence du Président français, François
Hollande et de plus d'une cinquantaine de Chefs d'Etat
et de Gouvernement ainsi que de représentants des
institutions internationales ont participé à
l’inauguration du plus grand centre mondial de mémorial
de l'esclavage dénommé : le Mémorial ACTE à
Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.
Dans son
intervention, le Président Français a salué la présence
du Président haïtien Michel Martelly dont le pays, a été
le premier à briser les chaines de l'esclavage à travers
le monde. M. Hollande, a fait l'éloge de l'armée
indigène qui a vaincu les troupes françaises, et a
déclaré « Ce mémorial permettra de dire au monde que le
combat pour la dignité humaine n'est pas terminé ».
Abordant le dossier sensible de la rançon de
l’indépendance, le Président français a déclaré «… quand
l'abolition fut acquise, la question de l'indemnisation
prit des proportions et surtout une orientation
particulièrement surprenante, puisqu'elle était réclamée
à cor et à cri non pas par les anciens esclaves, mais
pas les anciens maîtres qui exigeaient d'être dédommagés
pour la perte de la force de travail qu'ils avaient
comptabilisée dans leur écriture comme la valeur de leur
cheptel. Charles X (1825) réclama même à la jeune
République d'Haïti une indemnisation d'État de 150
millions de franc-or afin d'indemniser les anciens
colons qui le réclameraient, certains ont appelé cette
exigence, la rançon d’indépendance. » |
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Magouilles d’État ou Forum d’État ?
Le vendredi 10 avril dernier a eu lieu à l’hôtel Royal Oasis, à Pétion-Ville une réunion à la demande du gouvernement de facto Martelly-Evans Paul, des dirigeants politiques engagés dans le processus de la mascarade électorale et des membres de la société civile pour essayer selon les ordres de la Communauté internationale de trouver une stratégie pour réduire le nombre de partis politiques inscrits au CEP. |
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Vol. 8 • No. 40 • Du 15 au 21 Avril 2015 |
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Des compatriotes morts en mer !
Vingt et un compatriotes ont trouvé la mort, en pleine mer, dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 avril 2015, dans une petite embarcation au large des côtes du Borgne. C’est la directrice de la protection civile Alta Jean-Baptiste qui a annoncé la nouvelle que les passagers avaient embarqué sur le bateau aux environs de minuit pour rejoindre l’île de Providenciales, territoire appartenant à l’archipel Turques et Caïques situé à 200 km au nord d’Haïti. |
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Vol. 8 • No. 40 • Du 15 au 21 Avril 2015 |
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Il
faut noter que cette somme incroyable a été
ramenée à 90 millions de franc-or en 1838, soit
l’équivalent de 17 milliards d’euros que les
Haïtiens fraichement libérés de l’esclavage
n’ont eu fini de payer qu’en 1883. En 2003,
cette somme a été évaluée par le gouvernement du
président Jean-Bertrand Aristide à plus de 21
milliards de dollars. Et cela lui a valu le coup
d’Etat-kidnapping du 29 février 2004.
Aujourd’hui encore la question de restitution et
réparation est revenue dans les débats avec la
présence de François Hollande sur le sol
d’Haïti.
En
Guadeloupe, s'adressant directement à Michel
Martelly, le Président Hollande a surpris
l'auditoire en déclarant dans une formule
prêtant à confusion «Eh bien quand j’arriverai à
Haïti, j’acquitterai à mon tour la dette que
nous avons». Une déclaration qui a suscité un
torrent d’applaudissements nourris de la part de
l’assistance. Ces propos ont rapidement
enflammé les réseaux sociaux et provoqué de
nombreuses réactions.
Dans la foulée, le président du Conseil
Représentatif des Associations Noires (CRAN),
Louis-Georges Tin en a profité pour fixer la
position de son organisation sur la visite du
président français en Haïti. Ainsi, il a écrit :
Le peuple qui a vu naître Dutty Boukman, Cécile
Fatiman, Toussaint Louverture et Jean-Jacques
Dessalines doit aujourd'hui se soulever à
nouveau. Haïtiens, François Hollande, le
président français, est venu ce 12 mai sur votre
terre. Il voudra prendre la parole : qu'il se
taise. C'est à vous de parler. Dès qu'il
commencera son discours, qu'une mélopée
s'exprime sourdement, qu'elle se répande de
proche en proche, comme la braise qui enflamme
peu à peu la savane.
Et
que tout dise, et que tout retentisse :
« Restitisyon, Réparasyon !». Tant que le
président n'aura pas accepté votre juste
requête, continuez sans relâche, « Restitisyon,
Réparasyon ! ».
Le
10 mai dernier, lors de l'inauguration du
nouveau mémorial de l'esclavage en Guadeloupe,
François Hollande a prononcé un discours
historique concernant la réparation. Il s'est
engagé à restituer à Haïti la « rançon » imposée
par la France. « Je tiens aussi à rappeler
qu'ici à Guadeloupe, terre de Solitude et de
Delgrès, il y eut également des combats ; mais
a-t-on suffisamment souligné que quand
l'abolition fut acquise, la question de
l'indemnisation prit des proportions et surtout
une orientation particulièrement surprenante
puisqu'elle était réclamée à cor et à cri non
pas par les anciens esclaves, mais par les
anciens maîtres qui exigeaient d'être dédommagés
pour la perte de la force de travail qu'ils
avaient comptabilisée dans leurs écritures comme
la valeur de leur cheptel. C'est, sous la
monarchie, Charles X (1825), qui réclama même à
la république d'Haïti une indemnisation d'Etat
de 150 millions de franc-or afin d'indemniser
les anciens colons qui le réclameraient.
Certains ont appelé cette exigence la rançon de
l'indépendance. Eh bien quand j'arriverai à
Haïti, j'acquitterai à mon tour la dette que
nous avons. »
Mais quelques heures plus tard, une dépêche de
l'entourage du président français a précisé à la
presse nationale et internationale, affirmant
qu'il y avait malentendu, que les propos du
Président Hollande se réfèrent uniquement à une
« dette morale » et non pas financière comme
certains croyaient l'avoir compris.
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Haïtiens, on se moque de vous. Ce revirement est
une insulte insupportable qui vous est faite,
qui nous est faite. Car tout le monde a bien
entendu les propos de M. Hollande, lequel s'est
exprimé devant plusieurs chefs d'Etat africains
et caribéens. Haïtiens, cet argent vous a été
volé. Ne laissez pas la France vous voler une
seconde fois. C'est à vous de le dire haut et
fort. Nous ne sommes pas loin de la victoire.
Dès qu'il commencera son discours, que les voix
d'Haïti s'élèvent peu à peu, que les voix
d'Haïti s'élèvent jusqu'au Ciel, que les voix
des ancêtres et les voix d'aujourd'hui, et que
tout dise, et que tout retentisse :
« Restitisyon, Réparasyon ! »
Le
président Martelly qui n’en demandait pas plus,
n’a pas dans son discours rappellé à Hollande
que la dette de l’indépendance est un argent
volé au pays et que la France doit coûte que
coûte la rembourser, et il s’est alors plongé
dans une sorte de mendicité arrogante. Il a tenu
uniquement à condamner la dette destructrice,
imposée à Haïti pour dédommager les colons, dans
la perspective de casser l’élan du nouvel Etat
né le 1er janvier 1804. « Combien de pays
auraient pu se sentir indemnes des situations
aussi adverses et défavorables ? » a t-il fait
savoir. Le président Martelly en bon agent des
puissances tutrices a même parlé à leur avantage
au lieu de défendre la cause haïtienne en
déclarant « le fait que la France permet à ce
que des générations de jeunes en Haïti aient
accès à l’éducation, coûte beaucoup plus que
quelque soit le chiffre qu’on met sur la dette »
« Que la jeunesse haïtienne est aujourd’hui mal
préparée à affronter son avenir » Le
président à mentalité de colonisé demande à
l’ancienne métropole de nous aider par un plan
Marshall pour l’éducation en Haïti.
Hollande apprécie tellement cette approche de
Martelly, qu’il lui a tout bonnement
répondu :« On ne peut pas changer l’histoire, on
peut changer l’avenir en permettant aux jeunes
haïtiens d’avoir accès à la connaissance, au
savoir et à la réussite, c’est là notre
devoir
»
« Haïti souhaite la mise sur pied d’une
commission binationale chargée d’encourager les
entrepreneurs français et européens à venir
prospecter les nombreuses opportunités
d’affaires existant dans le pays dans les
domaines où leur compétence et avantage
comparatifs sont éprouvés : l’eau, électricité,
l’assainissement, les infrastructures,
l’agro-industrie, etc. »
Des
milliers de personnes étaient dans l’aire du
Champ de Mars, aux alentours du MUPANAH pour
réclamer restitution et réparation de la dette
de l’indépendance,
particulièrement des membres des organisations
populaires.
Ces manifestants dénonçaient également l’hommage donné à Toussaint
Louverture, certes le précurseur de
l’indépendance, alors que l’Empereur Jean
Jacques Dessalines le père de la patrie était
laissé aux oubliettes. Sur plusieurs pancartes
on pouvait lire « Vive restitution, Vive
réparation, Abas occupation ». Ils scandaient
également des chansons "Nous ne nous trahirons
jamais nous-mêmes, notre sang est le sang de
Dessalines".
Vers les 10h 30, l’ancien sénateur et actuel
candidat à la présidence Moise Jean-Charles qui
dans un acte symbolique est venu déposer une
gerbe de fleurs au pied de la statue de
l’Empereur Dessalines, s’est heurté à la police.
Des tirs nourris ont été entendus dans l’aire du
champ de mars pour disperser la foule avant
l’arrivée du président français. Des centaines
d’étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti
participaient à leur manière dans la
mobilisation contre le président français en
Haïti. Donc, François Hollande a été reçu par
des cris de restitution et réparation en Haïti
comme Nicolas Sarkozy avait été reçu en 2010. La
lutte pour la restitution et réparation doit se
poursuivre jusqu’au bout, jusqu’à ce que nous
obtenions gain de cause. |
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