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Par J. Fatal Piard
Déjà à
l’aube du lundi 28 janvier, grande et indigeste a
été la désagréable surprise des étalagistes de Pétion-Ville. A
première vue, la circulation piétonne et automobile affichait
une fluidité contraire à l’ordinaire. Mais, c’était aux pauvres
étalagistes de payer lourdement les frais du manque de
planification patenté de ces nouvelles autorités municipales.
Ces agents intérimaires de l’exécutif forts de cette impunité
patente pour laquelle ils ont largement œuvré, se croient tout
autorisés. Ceci c’est pour vous dire que rien ne saurait
justifier de telles injustices. Une soixantaine d’agents
déterminés à rendre la vie dure à ces étalagistes ont investi
toutes les rues de Pétion-Ville.
Il convient de mentionner que plusieurs raisons justifient cette
situation pour le moins insoutenable pour les usagers de la voie
publique de cette ville. Point n’est besoin de parler des
violences inouïes et des exactions dont ont été victimes les
étalagistes. Les tréteaux jetés au feu allumés soit à
l’emplacement de l’ancien cimetière soit à l’emplacement de
l’ancien marché de Chada brulaient dans des flemmes vives.
A chaque carrefour s’attroupaient les
marchands et marchandes qui constataient impuissant/es l’ampleur
des dégâts et qui n’osaient exprimer tout haut leur désarroi.
Aux abords du tribunal nous avons pu nous entretenir ave l’une
des mairesses Madame Kerma Duval. Elle s’est réjouie de pouvoir
entreprendre des initiatives lui permettant de redorer le blason
de cette ville qu’elle a l’honneur de diriger.
La mairesse ne pouvait qu’exprimer sa ferme détermination à
redorer le blason de Pétion-Ville. Elle nous a appris que la
mairie a bien pris le soin de mener toute une campagne de
sensibilisation. Outre les spots diffusés à partir des voitures,
elle soutient avoir dépêché des agents pour leur faire savoir
que nous ne saurions tolérer que les étalagistes se permettent
le luxe de créer ainsi autant d’anarchie. « Alors, personne
ne saurait insinuer qu’ils n’étaient pas au courant de cette
action de déguerpissement. D’autres espaces ont été aménagés à
leur intention. Parmi eux on retrouve le marché la Coupe, au
carrefour Telele, à Bois Moquette. Définitivement il faut que
notre ville retrouve son visage d’antan. La rue doit être
réservée aux voitures, les trottoirs aux piétons et le marché
aux marchands/es », a conclu la mairesse Duval. Madame Duval
ne va faire croire à personne qu’elle est en train de réinventer
la roue. Ce slogan qui date de 2006 était quotidiennement sur
les lèvres de Madame Claire Lydie Parent ancienne mairesse de
Pétion-Ville. Au cas où les nouveaux responsables de la
municipalité se retrouvent dans l’obligation de mener les mêmes
actions sept années après est la preuve qu’elles n’ont pas donné
de résultat. « Pour mener les opérations de déguerpissement
des étalagistes une solide équipe de 60 brigadiers a été
mobilisée. Des unités de la Police Nationale sont venues appuyer
les éléments de la Brigade d’Intervention des Rues (BIR) »,
nous a confié l’ingénieur Mathieu qui réprimandait les
motocyclistes stationnés à l’entrée de Morne Hercules. Cette
mesure quoique vue d’un bon œil par plus d’un porte bien
évidemment de graves préjudices à ces étalagistes qui s’y
attendaient le moins. Le coté ambivalent d’une telle initiative
est qu’elle a reçu la plus entière approbation des usagers de la
voie publique. L’on est unanime à reconnaitre que depuis tantôt
trois années Pétion-Ville est devenue impraticable. « Selon
moi, sans pour autant avaliser les exactions dont sont victimes
les étalagistes, cette initiative est louable. La situation
d’encombrement qui prévalait dans toutes les rues de Pétion-Ville
a causé bien des fois des heurts inutiles qui ont souvent
débouché sur des bagarres, des prises de gueule ou des
arrestations ».
C’est ce qu’a fait savoir Bruno qui tout récemment a été mis aux
arrêts par suite d’une altercation avec un inspecteur de police.
Bruno expliquait que passant dans les parages de l’église Saint
Jean Bosco, il avait été bousculé par un étalagiste. Ayant perdu
son équilibre il est allé se cogner contre un inspecteur de
police en civil qui l’avait traité d’escamoteur qui voulait
subtiliser son portefeuille.
Des échanges de propos et des insultes qui s’en sont suivis il
en était résulté l’arrestation pour quelques heures de Bruno.
Relocaliser ces marchandes est une chose. Leur permettre de
trouver une place leur permettant de revendre leur pitance dans
le respect de leur dignité est une autre paire de manche.
Certains plus sceptiques n’ont reconnu dans cette initiative
qu’un feu de paille. Passée l’euphorie du carnaval, Pétion-Ville
va redevenir comme avant, c’est-à-dire encombrée et invivable.
Toujours dans la Commune de Pétion-Ville, la route en très
mauvais état menant à Gérardeau par Diègue a été bloquée tôt
dans la matinée du mardi 29 janvier pour la 3ème fois
consécutive. Les riverains de ce quartier réclamaient à raison
la réparation du tronçon menant de Dupont à Diègue, Kota,
Madyowo, Doko, Métivier Duval et Greffin.
Ces travaux débutés sous l’administration de Madame Lydie Parent
ont été interrompus avec l’arrivée de ces agents intérimaires.
Selon l’un des protestataires, ils en ont assez des volutes de
poussières grises qui les incommodent à longueur de journée et
qui provoque une grippe suivie de fièvre. Mais au cours de la
journée la route a été réouverte à la circulation.
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