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Par Isabelle L.Papillon
Le 21 décembre 2012, le gouvernement kaletèt Martelly-Lamothe
dans le cadre de sa politique d’investissement : « Haïti est
ouverte aux affaires », a délivré trois (3) permis
d’exploitation minière à des compagnies étrangères. Deux (2)
contrats pour exploiter de l’or et l’autre pour le cuivre, dans
la localité de Douvray dans le département du Nord-Est du pays.
L’une des mines possède des gisements, estimés à 200 millions de
tonnes de minerai. De ces gisements, on a estimé la quantité de
cuivre à 1, 014,000 tonnes, sans compter de l’argent et du
molybdène. La valeur brute de cette mine est évaluée à 11, 556,
800,000 dollars US et le coût d’exploitation est évalué à 58,47%
de la valeur brute, a informé le directeur du Bureau des mines
et de l’Energie, Ludner Remarais, larmes aux yeux par devant la
Commission sénatoriale dirigée par le sénateur Jean William
Jeanty. La Société d’exploitation de ces gisements est la SOMINE
S.A. ci-devant Saint Géneviève du Canada. Elle dispose de 75
millions de dollars US pour réaliser les études afin de
déterminer la densité d’une autre mine limitrophe située dans la
localité de Blondin, a fait savoir Ludner Remarais.
Considérant l’importance de cette affaire, le Parlement haïtien
devrait être contacté puisqu’elle concerne les réserves
stratégiques des ressources du pays. Après différentes formes de
protestation et de dénonciation, la commission sénatoriale des
Travaux Publics, Transports, Communication et de l’Energie avait
invité le ministre des Travaux publics, Jacques Rousseau,
accompagné du directeur du Bureau des mines, Ludner Remarais, à
se présenter pour une séance d’audition sur cette affaire, le
mardi 22 janvier 2013.
Par devant cette Commission, les deux responsables de l’Etat ont
reconnu que les contrats n’ont pas respecté les normes de la
signature des contrats, a déclaré Ludner Remarais. Et quant au
ministre Jacques Rousseau, il a promis qu’on va surseoir à
l’exécution de ces contrats qualifiés d’illégaux et
d’inconstitutionnels. « C’est clair et net, les contrats ne
peuvent pas être exécutés avant l’approbation du Parlement. »
a-t-il
indiqué.
La constitution est claire, a soutenu le sénateur Jocelerme
Privert : « Le président de la République est le garant de
l’Indépendance nationale et de l’intégrité du territoire. Il
négocie et signe tous Traités, Conventions et Accords
internationaux et les soumet à la ratification de l’Assemblée
Nationale » . C’est ce que stipulent les articles 138 et 139 de
la constitution. Et de plus, le sénateur Privert a rappelé que
les mines et les carrières font partie du domaine public de
l’Etat, par conséquent elles sont inaliénables. Il faudrait une
loi pour les transformer dans le domaine privé de l’Etat avant
la signature de tout accord.
Le gouvernement réactionnaire de Martelly-Lamothe a violé la loi
et cherche à utiliser tous les trucs pour parvenir à sa fin qui
n’est autre que la liquidation des ressources minières du pays
au profit des compagnies étrangères et de leurs laquais locaux.
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