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ARCHIVE DE GRANDS TITRES

Haiti-Liberte

 
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Edition Electronique

Vol. 7, No. 41
Du  Avr 23  au   Avr  29. 2014

Kòrdinasyon Desalin: Conférence de presse

 

 

   

Veux ou pas Martelly doit partir !

Par Mona Péralte
...Le mercredi 17 Octobre dernier ramenait le 206e anniversaire de l’assassinat du père de la Nation haïtienne, Jean-Jacques Duclos Dessalines, surnommé Lanperè.  Dessalines qui proclama l’Indépendance d’Haïti le premier Janvier 1804 aux Gonaïves, fut assassiné 22 mois plus tard à Port-au-Prince, suite à une tournée dans le Sud du pays relative à une vérification générale des titres de propriété qui attira la haine de la nouvelle classe possédante conduisant au parricide.

Pour commémorer ce 206e anniversaire cette année, une fois de plus sous l’occupation des forces étrangères, diverses activités ont été réalisées tant à la capitale que dans des villes de provinces, à un moment où les occupants se montrent plus agressifs. Au Pont-Rouge, le président Martelly, drôlement habillé pour cette circonstance solennelle comme pour montrer le peu d’intérêt à ce moment a fini malgré lui à déposer une gerbe de fleurs au pied du monument de Dessalines, sous de vives protestations de la population du quartier populaire de La Saline et  de ses environs. Des protestataires criaient : « A bas Martelly ! ». Il s’empressa de partir sans faire aucune déclaration aux médias.

Il se rendait ensuite à Marchand-Dessalines, toujours dans le même accoutrement indigne de la commémoration de ce jour de honte et de deuil pour une cérémonie officielle de requiem, en l’absence des représentants officiels des deux autres pouvoirs : le Législatif et le Judiciaire. Depuis des années le jour de l’assassinat du fondateur de la Nation haïtienne a été banalisé par les autorités du pays pendant que les forces étrangères continuent de fouler la terre de Dessalines et tuent ses fils sous les yeux des autorités.

Au Champ-de-Mars, sur la place de Dessalines, outre des défilés de corps d’honneur des élèves de différents établissements scolaires de la capitale au monument du père la patrie, pour lui rendre un hommage bien mérité, deux autres activités dont les objectifs étaient tout à fait différents ont été réalisées ce jour-là. D’abord le Collectif de Mobilisation pour le Dédommagement des Victimes du Choléra a profité de l’occasion pour organiser une exposition des photos des actes criminels et des exactions des soldats des Nations Unies de la Minustah sur la population haïtienne. Des centaines de personnes qui ont visité l’exposition ont été étonnées de voir la façon dont leurs frères et sœurs sont victimes des forces étrangères.

A l’Ouest du monument de Dessalines, les vodouisants et vodouisantes procédèrent aux funérailles symboliques de l’Empereur, sous l’œil vigilant de l’Ati national, Max Gesner Beauvoir, et d’autres dignitaires de la religion vodou. La Konfederasyon Nasyonal Vodou Ayisyen (KNVA) par cette action, voulait apaiser la colère du « nanm » (âme) de l’Empereur et permettre de recoudre le tissu social haïtien. De leur côté Moleghaf et Comodevic préférèrent réveiller « l’idéal dessalinien » pour combattre l’occupation des forces étrangères de la terre de Dessalines.

Des activistes politiques qui étaient au Champ-de-Mars qui lançaient des cris de: « A bas Minustah ! A bas l’Occupation ! Justice et Réparation pour toutes les victimes de la Minustah ! Notre sang, c’est le sang de Dessalines, »  s’étaient vus pointés du doigt par une des responsables de la KNVA, Euvonie Georges Auguste qui vit de mauvais œil ces appels qu’elle jugea sans doute séditieux et fit appel à la police qui procéda à l’arrestation de l’un d’entre eux, Wisly Siméon, membre du Collectif de Mobilisation pour le Dédommagement des Victimes du Choléra. Il a été conduit au commissariat de Port-au-Prince, puis relâché quelques heures après, suite à l’intervention des avocats du Collectif.

Les membres du Collectif lors d’une conférence de presse ont condamné le comportement des « soi-disant vodouisants » qui, selon eux, ont délibérément choisi de tuer Dessalines une autre fois encore le 17 Octobre 2012, sur la place publique. Liberté ou La mort telle fut la devise d’Haïti sous le court règne de Dessalines. 206 ans après l’assassinat crapuleux et odieux de Dessalines le peuple haïtien est  assujetti aux grandes puissances impérialistes, leurs institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, BID, UE) et les forces d’occupation des Nations Unies qui violent et tuent constamment.

Par ailleurs de nouvelles manifestations ont été organisées le mercredi 17 Octobre 2012 un peu partout dans le pays : au Cap-Haïtien, à Port-au-Prince, à Saint-Marc, à Jérémie pour réclamer le départ de Joseph Michel Martelly à la tête de la République d’Haïti. La population et les différents secteurs organisés du pays ont clairement fait savoir que le président Martelly n’a pas la capacité et les compétences requises pour diriger le pays où tous les indicateurs de développement sont en rouge. On lui a reproché sa mauvaise gouvernance, son opiniâtreté  à établir un régime dictatorial et dynastique, des violations de la loi mère et des lois de la République, le climat de corruption et de détournement des fonds de l’Etat. Après 17 mois de gouvernance catastrophique de l’équipe au pouvoir avec un bilan totalement négatif : violation systématique des droits humains, délinquance publique, augmentation du taux de chômage, de l’insécurité, de la pauvreté, de la corruption, la population haïtienne en ayant assez, appelle au départ du président Martelly.

Au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, aujourd’hui transformée en un véritable bastion de protestation anti-Martelly, un forum réunissait des membres de partis politiques, des organisations de la société civile, du secteur populaire, du secteur syndical, de la paysannerie et des personnalités de toutes tendances confondues sur la situation politique du pays. A l’issue de ce forum une résolution politique dénommée «Manifeste du Cap-Haïtien» a été adoptée et signée par dix-huit (18) partis ou regroupement politiques, treize (13) organisations de la société civile ou populaires, 2 syndicats, 2 sénateurs et 4 autres personnalités. Dans ce manifeste, les signataires disent entre autres : « Manifester notre opposition farouche aux pratiques arbitraires du pouvoir en place. Reconnaître au peuple haïtien le droit démocratique d’exiger souverainement et pacifiquement la fin anticipée du mandat de cinq ans confié à tout président qui s’écarte des règles du jeu démocratique », lit-on dans ce document fait au Cap-Haïtien le mardi 16 octobre 2012.

Au lendemain de ce forum ayant abouti à l’adoption de ce document dans lequel l’opposition demande au régime Kale tèt de prendre rapidement toutes les dispositions nécessaires en vue de redresser la situation, des milliers de manifestants ont, une fois de plus, gagné les rues du Cap-Haïtien, le mercredi 17 Octobre, à l’occasion de 206 années de commémoration de l’assassinat de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, pour exiger le départ de Michel Martelly à la tête du pays. Les manifestants ont accusé le locataire du palais national de pratiquer la corruption comme méthode de gouvernance, d’implication de sa famille dans le détournement des revenus de l’Etat, pendant que plus de 77% de la population vivent dans une pauvreté extrême ou crèvent de faim. Les protestataires ont fait le tour de la deuxième ville du pays, qui, ces derniers temps s’est transformée en un véritable bastion de la contestation contre le régime tètkale. Durant tout le parcours, les manifestants criaient haut et fort : «  A bas Martelly ! A bas Martelly ! A bas Martelly ! Veux ou pas, Martelly doit partir. Ki sa Martelly te ye pou nou pa voye l ale… »

A Cité Lescot, où la manifestation allait prendre fin, des soldats des forces d’occupation de l’ONU ont lancé des bonbonnes de gaz lacrymogène sur les manifestants pour essayer de disperser la foule qui décidait de rester dans les rues jusqu’à ce que Martelly parte. Mais aucun cas de victime n’a été enregistré. Le farouche opposant au régime d’extrême droite de Martelly, le sénateur Moïse Jean-Charles qui a pris la parole à la fin de la manifestation a déclaré : « Nous allons continuer à manifester sans relâche contre le pouvoir en place qui a échoué dans toutes les manœuvres visant à démobiliser la population capoise ». Il a invité la population à attendre les mots d’ordre des leaders pour les prochaines manifestations anti-Martelly. Plusieurs dirigeants de partis politiques de l’opposition qui participaient à ce forum ont pris part à la énième manifestation contre Martelly.

A Port-au-Prince, le mercredi 17 Octobre, à l’appel du Mouvement de Liberté, d’Egalité des Haïtiens pour la Fraternité (MOLEGHAF), une organisation populaire basée au Fort-National, un quartier populaire abandonné par les autorités, des centaines de personnes ont manifesté dans les rues de la capitale contre la vie chère, la corruption, la mauvaise gestion de la chose publique, la discrimination, le mensonge et appellent au départ de Michel Martelly. Partis du Fort-National, centre de la capitale, les manifestants ont parcouru d’autres quartiers populaires tels : Solino, Saint-Martin et Bel-air avant de mettre fin au mouvement de protestation au Champ-de-mars sur la place de Jean-Jacques Dessalines où le Collectif de Mobilisation pour le dédommagement des Victimes du Choléra organisait une exposition de photos des exactions des soldats des Nations Unies en Haïti.

Sur la Place de Dessalines des policiers à bord d’un véhicule de marque Toyota, couramment appelé en Haïti «Zoreken » immatriculé 1-457 ont tiré des coups de feu dans l’air pour essayer de disperser les manifestants déterminés à crier : A bas Martelly ! Les manifestants ne se laissèrent pas intimider, ils se sont rassemblés à nouveau et ont continué à manifester contre le pouvoir en place. Le secrétaire général de MOLEGHAF, David Oxygène a dénoncé le pouvoir tèt kale, kale tèt qui ne tient pas compte des revendications des masses défavorisées des quartiers populaires. Selon lui le traitement que l’on fait aux masses populaires est inacceptable : « Nous n’avons pas d’emploi, nos enfants ne vont pas à l’école, ils crèvent de faim, ils ne peuvent pas se rendre à hôpital. Alors que Martelly, sa femme et ses enfants nagent dans la corruption et détournent les avoirs de l’Etats. Martelly n’a d’autre choix que de satisfaire les revendications des masses populaires ou de partir », a-t-il déclaré.

D’autres manifestants ont dénoncé certains représentants de la communauté internationale notamment le représentant du secrétaire général de l’ONU, à la tête de la Minustah, Mariano Fernandez Amunategui ; l’ambassadeur de France, Didier Le Bret ; l’ambassadrice des Etats-Unis, Pamela Ann White et le représentant de l’Union Européenne en Haïti, Javier Nino Perez qui ne cessent de s’immiscer ouvertement dans les affaires politiques internes d’Haïti. Ils continuent de supporter le président Martelly rejeté par une grande majorité du peuple haïtien. Ils font ouvertement pression sur des parlementaires pour les forcer à violer la constitution du pays pour satisfaire leurs propres intérêts au détriment des intérêts nationaux et du peuple haïtien.

Dans la foulée, d’autres manifestations d’envergure sont prévues partout dans le pays, surtout dans le secteur de l’éducation pour forcer les dirigeants à satisfaire les revendications des enseignants. A Port-au-Prince, une manifestation est prévue pour le jeudi 25 Octobre, des habitants du Bel-Air et des révoqués des entreprises publiques, victimes de la politique néolibérale mise en place par les grandes puissances et les institutions financières internationales, seront dans les rues pour exiger le paiement de leur dédommagement et donnant au président Martelly le carton rouge. Le pays est en ébullition contre le pouvoir réactionnaire de Michel Joseph Martelly après 17 mois de gestion catastrophique à  la tête du pays. La situation économique et sociale du peuple haïtien s’empire, la pauvreté augmente, les écarts sociaux s’élargissent, en un mot le pays plonge dans le gouffre.
 
 
Vol. 6, No. 15 • Du 24 au 30 Octobre 2012
 

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