|
Par Yves Pierre-Louis
Divers
secteurs de la vie nationale : populaire, ouvriers, paysans,
enseignants continuent de manifester à travers tout le pays.
Dans plusieurs régions, tant à Port-au-Prince que dans les
villes de province la population se soulève en grand nombre
contre le pouvoir tètkale de Martelly. Leurs
revendications convergent autour du départ de président Martelly
à la tête du pouvoir. On reproche au gouvernement Martelly-Lamothe
de détournement des fonds de l’Etat, de gaspillage des
ressources du pays, de corruption, de népotisme, de trafic de
drogue, du non-respect de ses promesses, de mensonge, de bluff.
Cette semaine encore la population des Gonaïves, des Nippes, de
Jérémie, des Cayes, de Petit-Goâve, du Trou-du-Nord, de
Fort-Liberté, de Belladère, de Port-au-Prince est descendue dans
les rues pour exprimer ses revendications légitimes relatives à
la cherté de la vie, au chômage, à l’ajustement de salaire, au
respect du salaire minimum de 300 gourdes, à la création de
travail, au salaire décent, à la satisfaction des besoins de
base, comme l’alimentation de certaines zones en énergie
électrique, en eau potable, au curage des rivières, à la
construction de certaines infrastructures de base.
Port-au-Prince
a connu deux (2) grandes manifestations, le mardi 2 et le
vendredi 5 octobre 2012, La première a été organisée par le
Mouvement de Liberté d’Egalité pour la Fraternité des Haïtiens (MOLEGHAF),
une organisation populaire basée à Fort-National. Des centaines
de militants, partisans et sympathisants de cette organisation
ont parcouru plusieurs rues et des quartiers populaires de la
capitale avant de terminer ce mouvement de protestation devant
les locaux du ministère des Affaires sociales, pour exiger
l’amélioration dans les conditions de vie de la population
marginalisée des quartiers populaires. MOLEGHAF est resté
mobiliser depuis des années contre le chômage, la misère et la
faim. Le gouvernement refuse toujours d’entendre les
revendications de la population.
La deuxième
manifestation était réalisée par des organisations syndicales
des ouvriers et enseignants à l’occasion de la journée mondiale
des enseignants, le vendredi 5 octobre et celle du travail
décent le dimanche 7 octobre. Les travailleurs et les
enseignants ont profité de l’occasion pour faire entendre leurs
principales revendications qui sont entre autres : l’application
de la loi 2009 portant le salaire minimum à 300 gourdes à partir
du premier octobre 2012 ; la création d’emplois avec un salaire
décent, le paiement des arriérés de salaire des professeurs ; la
nomination de tous les finissants de l’Ecole Normale Supérieur,
Ecole Normale des instituteurs, CEFEF, FLA… ; un salaire de base
de 50 mille gourdes et des avantages sociaux pour les
professeurs ; la publication de la loi sur les frais scolaires
et le vote d’une loi portant sur la règlementation du statut des
professeurs, 34% du budget de la République à l’éducation et
l’amélioration des conditions du travail des travailleurs.
D’autres
manifestations contre le pouvoir en place ont été réalisées
partout dans le pays, le bilan de ces mouvements de
protestations en termes de perte en vie humaine et de dégâts
matériels s’alourdit considérablement. A Petit-Goâve, dans la
localité de Barette, le jeudi 4 octobre, la population
manifestait au moment où le président Martelly inaugurait 1 km
de route financé par l’USAID, les agents de sécurité
présidentielle ont riposté à coup de gaz lacrymogène tuant une
octogénaire et des animaux, matraqué les manifestants et brûlé
des motocyclettes.
Ce lundi 8
octobre, à Fort-Liberté, Nord’Est du pays et à Belladère, centre
d’Haiti, la population a gagné les rues pour exiger la
construction d’un port et l’alimentation de la ville de
Belladère en énergie électrique. A Fort-Liberté la police a
ouvert le feu sur les manifestants tuant un jeune garçon de 19
ans, Georges Delius et blessant deux (2) autres jeunes garçons.
Suite à cet acte criminel, des manifestants en colère ont
incendié un camion de marchandises et un commissariat de police.
Les manifestants étaient également en colère contre le maire de
Fort-Liberté qui les a menacés d’écraser toute forme de
mobilisation dans la ville.
A Belladère, 4
personnes ont été blessées par balles, alors que les
manifestants exigaient le rétablissement du courant électrique
dans la zone.
Dans cette
perspective, d’autres manifestations du même genre ou beaucoup
plus denses sont prévues à Port-au-Prince, au Cap-Haïtien pour
le 14 et le 17 octobre prochain et dans d’autres villes de
province pour exiger le départ du président Michel Joseph
Martelly à la tête de la République d’Haïti. Dans la foulée, le
régime réactionnaire du néo duvaliériste incarné maladroitement
par le musicien Sweet-Micky se trouve face à une alternative :
délivrer ou se désister. Les différentes formes de mouvements de
protestation donneront naissance sans doute à une véritable
opposition contre le pouvoir en place. Déjà, cette semaine
encore différents secteurs de la vie nationale, après avoir
analysé minutieusement la situation actuelle du pays encouragent
la population au renforcement de la capacité de mobilisation
contre le pouvoir en place et au régime à revoir la façon de
faire.
Après 8 ans d’occupation des forces étrangères, la
tentative de ressusciter un régime d’extrême droite néo
duvaliériste en Haïti est en train d’échouer. Le peuple lutte
pour l’établissement d’un système démocratique fort, rejetant
ainsi le néolibéralisme qui a directement conduit le pays au
chômage, la misère noire, la pauvreté et la faim. Le peuple
haïtien n’a d’autre choix que de lutter pour débarrasser le pays
de ce régime infernal de Martelly qui ne produit que des
jouisseurs, des gens arrogants, de grands mangeurs, des gens
corrompus et des corrupteurs. |