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Le lundi 30
Avril 2012, le président Michel Joseph Martelly est revenu en
Haïti, après avoir passé 15 jours aux Etats-Unis pour recevoir
les soins de santé que son cas le méritait. Des membres de son
équipe et de quelques dizaines de sympathisants ont accueilli à
l’aéroport international Toussaint Louverture Martelly et sa
femme, Sophia dans une ambiance qualifiée par Laurent Lamothe de
« chaleureuse ». Martelly a salué et remercié tous ceux qui
l’ont supporté tout au cours de son moment douloureux. Dans ses
propos d’arrivée au salon diplomatique de l’aéroport,
pratiquement comme bon nombre de dirigeants haïtiens, il a pris
la liberté de dénoncer ce qui ne marche pas dans le pays, alors
qu’il est prétendument là pour corriger cet état de chose, vu
qu’il avait prôné le « changement » dans sa campagne électorale.
Aujourd’hui, il use très tôt de faux-fuyants comme son
prédécesseur, René Préval pour essayer de contourner son échec
cuisant. L’ex-président René Préval disait souvent, la
constitution haïtienne de 1987 est une « source d’instabilité »
pour le pays. Michel Martelly de son côté évoque la « faiblesse
des institutions ». Une faiblesse qui fait ses affaires puisque
autrement, il eut été déjà demis.
«
Comme vous pouvez le constater, je suis débout en forme. Je suis
revenu pour continuer le travail et relever tous les défis du
moment. Je connais tous les problèmes que vous venez de subir.
Des problèmes qui découlent des faiblesses de nos institutions,
c’est pour ça que j’ai toujours dit que ce travail, je ne
pourrais pas le faire tout seul. Il faut que le peuple soit avec
nous, il faut que vous m’aidez dans cette lutte, j’ai besoin du
concours de chaque haïtien, de votre implication, de votre aide,
parce qu’il faut que nous gagnions ce combat.
J’en profite pour lancer un appel à l’international également,
pour qu’il continue à nous aider dans le renforcement de nos
institutions. Tous les problèmes que nous confrontons
aujourd’hui découlent encore une fois, je le répète de la
faiblesse de nos institutions, elles manquent de ressources et
d’argent pour les renforcer… »
Voilà la déclaration d’un président, ce sont les institutions
qui sont responsables de tout le malheur du pays. Il disait
autrefois qu’il allait apporter le « changement au niveau des
institutions et dans les conditions de la vie de la population,
une année plus tard, la faiblesse des institutions reste encore
responsable de tous les problèmes du pays. Alors qu’est-ce qui
est responsable selon l’article 136 de la constitution haïtienne
de 1987, en vigueur pour la faire fonctionner, n’est ce pas le
chef de l’Etat. Maintenant, non seulement le président Martelly
dénonce cet état de fait, mais il participe directement à
affaiblir beaucoup plus les institutions, mettant ainsi en péril
les acquis démocratiques et les efforts pour la construction
d’un Etat de droit. Des exemples illustrent bien ce comportement
: l’arrestation arbitraire et illégale, le 27 novembre 2011 du
député, Arnel Bélizaire en fonction, ses différents démêlés avec
les journalistes dans l’exercice de leur profession, la
tolérance des groupes d’individus lourdement armés sur le
territoire national, l’assassinat d’un commerçant au niveau des
frontières haitiano-dominicaine par l’un de ses proches
collaborateurs, les scandales de corruption et de trafic de
drogue pour ne citer que ceux-là. Tous ces genres de
comportement affaiblissent et déstabilisent les institutions
républicaines.
Le
mercredi 25 avril dernier, lors de la première apparition
publique, depuis qu’il est arrivé à Miami pour recevoir des
soins que son cas nécessite ; le président Martelly a déclaré :
« Ma situation de santé était très compliquée. J’étais très près
de la mort, je me préparais à l’accepter, car la souffrance a
été trop dure. Je ne suis pas mort, parce que Dieu est à mon
côté. Je ne pouvais plus respirer, je ne pouvais pas parler, je
ne pouvais pas manger, je ne pouvais pas supporter, je ne
pouvais pas prévoir, Je ne pouvais rien faire. Mon estomac a été
compressé, c’était comme si trois (3) personnes s’appuient sur
moi… »
De toute façon,
le président était de retour ce lundi 30 avril, sans avoir
présenté réellement au peuple un rapport ou un bilan médical
pour en faire une idée exacte sur son état de santé. Ce rapport
médical pourrait de toute évidence enlever des doutes qui
planaient autour de la maladie réelle qu’il a soufferte. Tant
tôt on parlait d’embolie pulmonaire, d’infarctus pulmonaire,
d’autres avancent d’embolie gazeuse. On ne savait pas exactement
de quoi il s’agissait. Même le président de l’Assemblée
nationale d’Haïti ne savait pas dans quel hôpital le président
Martelly recevait ses soins. « Personne ne savait dans quel
hôpital le président était et de quoi il souffrait. Il existait
un vide, personne ne savait qui dirige le pays. » s’était
interrogé Desras Simon Dieuseul. Donc au niveau du Sénat de la
République, on s’était obligé d’expédier une délégation
parlementaire composée de trois sénateurs : Kely C. Bastion,
John Joël Joseph et Edwin Zenny. Cette délégation était arrivée
aux Etats-Unis quelques jours avant le retour de l’occupant du
palais national.
Par ailleurs, suite aux scandales de corruption qui
ont éclaboussé le président Michel Joseph Martelly et le
sénateur dominicain, Félix Bautista, le candidat à la présidence
du Parti « Alianza Païs », Guillermo Moreno en République
Dominicaine, a demandé au président Martelly de remettre la
distinction reçue du président dominicain, Leonel Fernandez.
Dans une lettre adressée par la biais de la chancellerie
dominicaine au président Martelly, le candidat qui se place en
troisième position aux élections dominicaines, considère que le
chef de l’Etat haïtien n’a pas de qualité requise pour être le
récipiendaire d’un tel honneur aussi prestigieux en raison des
scandales de corruption dans lesquels il est accusé
d’implication : « Quelqu’un qui reçoit un prix créé à la mémoire
de Juan Duarte « ordre Duarte Sanchez y Mella » doit le
mériter. Or, nous considérons qu’en raison des scandales de
corruption au centre desquels se trouve le président haïtien,
Michel Joseph Martelly, il ne mérite pas un tel honneur. »
a-t-il indiqué. Le leader du parti Alianza Païs, s’interroge
également par le fait que le président Martelly ne soit pas, une
seule fois, intervenu avec des preuves en main pour démentir la
complicité dont il est accusé avec le sénateur Félix Bautista et
ses compagnies en dehors de toutes les normes établies par la
passation de marché de juteux contrats de la part des autorités
haïtiennes dans le processus boiteux de reconstruction d’Haïti.
Quelle honte pour Haïti ! |