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La question
de nationalité étrangère des hauts dignitaires de l’Etat haïtien
provoque des remous de part et d’autre dans la société. De plus
en plus, les informations pertinentes du sénateur Moïse
Jean-Charles sur la nationalité étrangère du président Michel
Joseph Martelly et les membres de son gouvernement tendent à
être confirmées par la Commission spéciale sénatoriale enquêtant
sur cette question. Le mardi 24 Janvier dernier, le président de
cette Commission, le sénateur, Joseph Lambert lors d’un point de
presse a annoncé deux cas avérés sur 10 dossiers passés au
crible par la Commission et qui ont été répertoriés jusqu’à
date. Il se réserve le droit de ne pas relever les noms des
étrangers membres du gouvernement Martelly/Conille. Il a
réaffirmé que les dossiers sur la nationalité de 39 membres du
gouvernement continuent d’être traités de façon impartiale et
sans état d’âme. Des dispositions ont été prises pour poursuivre
l’enquête de vérification de la nationalité des dirigeants
haïtiens au-delà de la frontière.
Resté toujours
ferme dans sa conviction, le sénateur Moïse Jean-Charles a une
fois de plus, écarté toute possibilité qu’il se trompe, tout en
affirmant que le président Martelly et des membres de son
gouvernement possèdent une nationalité étrangère. Selon lui, la
situation est beaucoup plus grave qu’il l’a décrit
précédemment. De plus, il a évoqué la loi du 14 juillet 1966 qui
autorise les membres de la Commission sénatoriale d’enquête à
rechercher des informations sur le statut d’un citoyen haïtien
qui aurait une autre nationalité.
Le sénateur Steven Irvenson Benoît, membre de la commission a
fait remarquer que l’article 56 de la constitution haïtienne de
1987 interdit formellement à toute personne détentrice de
nationalité étrangère de devenir président, Premier ministre,
ministre ou secrétaire d’Etat. Alors que dit l’article 56 : «
L’étranger peut être expulsé du territoire de la République,
lorsqu’il s’immisce dans la vie politique du pays et dans les
cas déterminés par la loi. » Il invite tous les étrangers du
pouvoir exécutif à remettre leur démission, car ils ne sont pas
autorisés à engager le pays dans la prise des décisions
politiques. « Tout ministre ou secrétaire d’Etat dont la
nationalité étrangère est avérée doit immédiatement
démissionner, » a indiqué le sénateur Benoît. Il a en outre
rappelé de récents cas de jurisprudence de trois (3) sénateurs :
Sajous, Ultimo et Boulos qui avaient été contraints à la
démission pour la même raison.
Les
sénateurs Jean Hector Anacacis et Andrice Riché abondent dans le
même sens. Pour Anacacis, c’est le début des preuves, les
informations communiquées par le sénateur Moïse Jean-Charles
commencent à se confirmer. Le vice-président du Sénat, Andrice
Riché lui aussi dit croire qu’il n’y a pas matière à débat, en
ce qui concerne la nationalité étrangère des membres du pouvoir
en place. Il juge scandaleux qu’un citoyen étranger trompe la
vigilance des institutions haïtiennes pour concourir aux
privilèges auxquels il n’a pas droit. Il est évident, n’ayant
aucune appartenance, que ces citoyens n’auraient rien contre
l’occupation du territoire. Selon lui, le fait de renoncer à la
nationalité haïtienne est un acte de lèse-patrie et les auteurs
d’un tel acte ne devraient pas avoir des responsabilités dans la
gestion et la prise des décisions pour le pays. « Si vous aviez
dit non à la nationalité haïtienne, vous aviez dit non au pays.
C’est la preuve que le pays n’a pas encore effectivement
démarré. » A déclaré le vice-président du Sénat. Pour lui, il
est malheureux et scandaleux qu’après plus de 200 ans
d’indépendance, on en soit à douter de la nationalité d’un
président de la république.
N’est-ce pas
là, la faiblesse des institutions haïtiennes qui agissent
toujours sous les diktats des occupants dans toutes les prises
des grandes décisions qui concernent l’avenir de la nation.
Dans la foulée,
la classe politique traditionnelle se prononce également dans
les débats sur la double ou triple nationalité qui s’insurgent
contre les membres du pouvoir exécutif. Le porte-parole du
regroupement des partis politiques, l’Alternative, Evans Paul,
dit (K-plim), appelle au respect de la constitution, le
président Martelly paiera les « conséquences de ses
inconséquences ».
Tandis que, le
coordonnateur général de l’Organisation du peuple en Lutte (OPL),
Sauveur Pierre Etienne, quant à lui appelle l’opposition
démocratique haïtienne à définir une nouvelle stratégie pour
faire face à la crise politique que le pays connait actuellement
et dans la perspective d’éviter un bain de sang dans le pays.
Toutefois, certains estiment que ces partis politiques
n’auraient pas la capacité et l’indépendance pour présenter
réellement une stratégie viable et fiable à toute éventuelle
crise que le pays aurait à connaitre. Dans tous les moments
difficiles, les partis politiques ont offert une alternative
contenant toujours les intérêts de leur patron de
l’international au grand dam des intérêts supérieurs de la
nation.
Dans cette perspective, les organisations populaires œuvrant
dans les divers quartiers populaires et bidonville du pays tels
: Cité Soleil, Bel-Air, La saline, Martissant qui s’organisent
en Ghettos unis lancent une mise en garde à la commission
d’enquête sénatoriale au cas où elle refuserait de dire la
vérité sur la nationalité de Monsieur Michel Martelly. L’un des
porte-parole de Ghettos unis, Wilson Mésilien reproche à
monsieur Martelly d’avoir bluffé la population et violé la
constitution, sous l’empire de laquelle il a prêté serment de la
respecter et de la faire respecter. L’Initiative Nationale pour
le renforcement de Fanmi Lavalas (INARF), lors d’une conférence
du jeudi 19 janvier dernier a pris très au sérieux les
révélations du sénateur, Moïse Jean Charles concernant la
nationalité étrangère de l’équipe de Martelly. Le secrétaire
général de l’INARF, l’ex-député Willy Sénatus a fustigé le
comportement des partis politiques dans leur rôle de
soubassement lors des dernières élections 2010-1011 qui ont
propulsé des étrangers à la tête du pays. « Peuple Haïtien, l’INARF
croit qu’il est temps pour que les partis politiques cessent de
comploter contre les intérêts du pays, de détruire la vie des
Haïtiens dans l’intérêt des étrangers. » a-t-il déclaré.
Le Mouvement d’Opposition Citoyenne (MOC) de son côté appelle au
respect de la constitution de 1987 en vigueur dans l’affaire de
la double nationalité. Le porte-parole du mouvement, Remulus
Telong a déclaré que le MOC est à partir d’aujourd’hui en
opposition ouverte à l’équipe des étrangers au pouvoir : «
Nous, du Mouvement d’Opposition Citoyenne, malgré nous,
déclarons être en opposition avec l’équipe " Tèt Kale, kale tèt
" qui cherche à leurrer le peuple haïtien avec un soi-disant
programme " kaba
grangou ", ou " mettre fin à la faim ", pendant que les prix de
tous les produits de première nécessité continuent de grimper
vertigineusement sur le marché. » Le Collectif des Militants
Révoltés, ont élevé leur voix pour dénoncer la présence des
étrangers au timon des affaires de la République. Ce qui est
contraire aux prescrits de la charte fondamentale de la nation.
Ils ont exigé la démission immédiate de tous ces étrangers et la
mise sur pied d’un gouvernement provisoire devant organiser des
élections anticipées pour libérer le pays. |